Foued Gueddich, président de Conect international

«L’organisation des Journées économiques multisectorielles tuniso-mauritaniennes à Nouakchott vise à détecter les nouvelles opportunités d’investissement  dans le marché mauritanien et les possibilités d’importation et d’exportation des produits tunisiens vers la Mauritanie, surtout avec les difficultés d’exportation vers l’Algérie et la Libye. Le Tunisien a aujourd’hui besoin d’une législation flexible et souple en matière de change pour inciter les sociétés de s’implémenter dans d’autres pays, comme la Mauritanie, vu les avantages qu’offre ce marché pour les deux pays. C’est pour cette raison que ces journées ont été organisées, au cours desquelles on a annoncé  la création de la première société tunisienne via le guichet unique mis en place dans l’hôtel abritant ces Journées.

Il est important de mettre en valeur les succès des sociétés tunisiennes dans l’amélioration de l’infrastructure en Mauritanie que je qualifierais de «success story» qui s’ajoute à tant d’autres, comme la participation de la société Tunisie Télécom dans le capital de la société Mattel.

Au sujet des obstacles qui freinent la promotion de l’investissement en Mauritanie, je cite la réglementation de change, ainsi que l’article 52 de la loi de finances 2022, qui ont mis à genoux les sociétés de commerce internationale tunisienne. Cet article doit être abrogé, et là, j’appelle la BCT à faciliter les procédures d’investissement pour l’intérêt de tous».

Moez Hadidane, expert en marché financier

« Le prix du pétrole s’emballe et a atteint 127 dollars, tandis que le budget de l’Etat a été élaboré en adoptant un prix de référence du baril de pétrole de 75 dollars. Cette hausse affectera lourdement les importations de la Tunisie en pétrole. La Tunisie a importé, en 2021, des produits énergétiques d’une valeur de 8,7 millions de dinars, dont les deux tiers correspondent au pétrole brut et raffiné. Le prix du pétrole a augmenté de 65% par rapport aux estimations de l’Etat tunisien, et il est probable que les importations énergétiques de la Tunisie atteignent 14 milliards de dinars en 2022. L’Etat va contribuer à raison de 3 milliards de dinars au titre de subvention et le citoyen tunisien va payer les 11 milliards de dinars restants au lieu de 6 milliards de dinars, et ce, dans l’hypothèse où l’Etat ne lève pas les subventions. Le litre de pétrole pourrait atteindre 3d,200 dans quelques mois, et dans l’hypothèse de levée des subventions, il sera à 4 dinars. Le prix du baril de pétrole pourrait atteindre 140 et même 150 dollars. Je rappelle que les crises pétrolières ont engendré des crises dans le monde entier et affaibli de puissantes économies».

Mokhtar Lamari, universitaire

« J’espère que la Tunisie présente, avec plus de transparence, les issues de ses négociations avec le Fonds monétaire international (FMI), ainsi que  les recommandations du Fonds. A mon avis, il est peu probable que la guerre Russe-Ukraine impacte la position du FMI eu égard au soutien de la Tunisie. D’après moi, le FMI a des politiques auxquelles il ne peut renoncer et je rappelle que les prêts accordés par le FMI respectent un certain quota selon les pays, sauf si la Tunisie demande un financement exceptionnel et spécial, comme c’était le cas de l’Argentine, qui a obtenu une somme dépassant 8 fois sa part ordinaire. Dans cette hypothèse, le FMI va contrôler périodiquement la gestion de ces sommes et interviendra dans les décisions financières du pays. J’appelle le gouvernement à clarifier cette situation, sachant que la demande d’un financement exceptionnel coûtera cher à la Tunisie, notamment sur le plan politique. Les négociations se poursuivront dans les jours qui viennent et les sujets abordés lors de ces négociations sont très sensibles, dont notamment la levée des subventions et la réduction de la masse salariale. Le FMI ne sera pas affecté par la crise russo-ukrainienne, car il se ressource des participations des pays. La solution existe, mais elle est douloureuse et requiert l’engagement de réformes encore plus douloureuses avant de solliciter l’aide du FMI. Il faut trouver le juste équilibre entre le déficit budgétaire et la détérioration du pouvoir d’achat du Tunisien. Dans l’hypothèse où la Tunisie n’arrive pas à conclure un accord avec le FMI, il est fort probable qu’elle ne puisse pas verser les salaires à l’échéance. Et là, la valeur du dinar chutera de plus de 20%.

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