Depuis le début de cette guerre d’un autre genre, les communiqués des autorités se multiplient et annoncent de plus en plus de saisies. En un laps de temps record, des tonnes de produits ont été saisies et les spéculateurs présumés déférés devant la justice.

Obéissant aux instructions du Président de la République, tous les corps armés, ont multiplié les opérations coup de poing dans divers endroits, dans des magasins légaux et illégaux. Perquisitions et réquisitions étaient sans doute le maître mot de la mission. Une opération qui, jusqu’à présent, a permis la saisie de plusieurs tonnes de produits alimentaires subventionnés. L’Etat se chargera de fournir le marché lorsqu’il est nécessaire de le réguler.

La Tunisie a beaucoup souffert des conséquences de la crise du Covid, du déficit budgétaire et du déclin du dinar, et aujourd’hui elle fait face à la propagation du phénomène de monopole et de spéculation

Bien que ce phénomène sévisse depuis des décennies pour certains biens, mais lorsqu’il touche des biens de consommation subventionnés par l’Etat qui a dépensé près de à 3,7 milliards de dinars en 2022, contre 2,2 milliards de dinars en 2021, les choses deviennent graves.

Ces fonds, décaissés par l’Etat, sont destinés à soutenir les céréales d’une valeur de 3 milliards de dinars et l’huile végétale d’un montant de 480 MD, le lait d’environ 160 millions de dinars, les pâtes alimentaires à environ 86 millions de dinars, tandis que 10 millions de dinars sont alloués au sucre.

Face à la situation tendue dans le monde, et en raison de nombreux facteurs externes, tels que la pression du Fonds monétaire international pour la mise en place de réformes économiques radicales pour pouvoir obtenir du financement, mais aussi et surtout l’éclatement de la guerre en Ukraine et l’augmentation vertigineuse des prix du pétrole, la situation s’est retrouvée pris, en étau entre les différentes parties prenantes et les différents intermédiaires des circuits de distribution. Une situation qui a engendré de grandes pénuries et une hausse injustifiée des prix des produits de base. Le Président de la République, obligé d’intervenir personnellement vu son statut actuel, a fustigé dans plusieurs de ses discours les spéculateurs et ceux qui «jouent avec les besoins vitaux des Tunisiens». Mais malgré ses discours, la situation ne s’était pas améliorée, elle a au contraire empiré.

Dans les rayons des magasins, le désert. A la veille du mois de Ramadan, les voyants étaient au rouge et une partie des citoyens a même commencé à faire des stocks.

Mercredi, dans la soirée, le Chef de l’Etat s’est alors déplacé au siège du ministère de l’Intérieur avec pour objectif affiché en finir définitivement avec ce phénomène qui pourrait coûter cher aux Tunisiens et au pouvoir en place. Devant les cadres du ministère de l’Intérieur, Kaïs Saïed a officiellement déclaré la guerre aux spéculateurs.

Le Chef de l’Etat a appelé à une guerre implacable contre eux. Par cette déclaration, il a appelé l’ensemble des organes de la police, de la Garde nationale, des agents de surveillance et du commerce à frapper d’une main de fer les monopoles et spéculateurs. L’idée étant de saisir et de les redistribuer dans le marché tunisien.

Fait important, Kaïs Saïed a également souligné qu’il travaillait sur un projet de décret présidentiel sur le monopole, qui prévoit des peines de prison aux spéculateurs.

Obéissant aux instructions du président de la République, tous les corps armés ont multiplié les opérations coup de poing dans divers endroits, dans des magasins légaux et illégaux. Perquisitions et réquisitions étaient sans doute le maître mot de la mission. Une opération qui, jusqu’à présent, a permis la saisie de tonnes de produits alimentaires subventionnés.  L’Etat se chargera de fournir le marché lorsqu’il est nécessaire de le réguler.

Depuis le début de cette guerre d’un autre genre, les communiqués des autorités se multiplient, et annoncent de plus en plus de saisies. En un laps de temps record, des tonnes de biens ont été saisies et les spéculateurs présumés transférés devant la justice.

Les équipes de surveillance, en collaboration avec les forces de sécurité et d’administration, se sont engagées à poursuivre le processus de contrôle jusqu’à ce que le monopole disparaisse. Ils rassurent, il s’agit-là d’une véritable politique d’Etat et non pas d’opérations éphémères comme cela s’est vu dans le passé.

A la veille du mois saint, il est de notoriété publique que la demande des produits de consommation augmente. Pour le citoyen, l’angoisse est de connaître de graves épisodes de pénurie pendant cette période. Et il y a de quoi s’inquiéter. Même le pain, denrée nécessaire, est frappé par l’inflation et devant les boulangeries les files d’attente sont de plus en plus longues.

Le but du monopole des denrées de base subventionnées est de créer une pénurie sur le marché afin de les offrir par la suite aux industriels au prix fort, mais parfois aussi cette marchandise est destinée à la contrebande, avec toujours le même objectif : vendre au prix cher. Dans les deux cas, ces circuits sont liés à des réseaux criminels.

Avec cette crise, il s’est avéré que les monopoles et les spéculateurs sont les véritables bénéficiaires des subventions.

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