Pour le premier responsable de la Centrale syndicale, le secteur public, et notamment le transport, constitue une ligne rouge pour l’Ugtt. «Si vous cherchez le bras de fer, nous sommes prêts. Pour nous, le secteur public est une ligne rouge à ne pas franchir, nous sommes ouverts à toutes les réformes justes et équitables se basant sur une justice sociale et fiscale», a-t-il encore dit.

Organisé, hier, au palais des congrès de Tunis, un grand rassemblement syndical consacré au secteur du transport a permis à la Centrale syndicale de se prononcer sur différentes questions portant notamment sur la situation générale dans le pays.

Alors que le pays passe par une période de turbulences marquée notamment par une tension politique et sociale et une baisse du pouvoir d’achat des citoyens, la Centrale syndicale a brisé le silence pour mettre en garde contre toutes les réformes qui peuvent faire dégrader davantage la situation sociale. 

Prenant la parole lors de ce rassemblement ayant réuni toutes les structures syndicales du secteur du transport, le secrétaire-général de la Centrale syndicale, Noureddine Taboubi, s’est dit inquiet face à l’aggravement de la situation économique dans le pays et la détérioration du pouvoir d’achat des citoyens.

«Il n’y aura pas de réformes douloureuses contre les citoyens, nous sommes pour la rectification et la résolution de certains problèmes, mais le peuple ne va pas payer le prix des mauvaises politiques. Il n’est pas question d’imposer des réformes douloureuses aux Tunisiens», a-t-il insisté.

Au fait, Noureddine Taboubi s’oppose au document présenté par le gouvernement incluant des projets de réformes économiques et sociales qu’il considère «non tunisiennes». «Le document élaboré par le gouvernement ne présente pas des réformes tuniso-tunisiennes et est dominé par des mesures et non pas des réformes», a-t-il regretté, insinuant l’implication du Fonds monétaire international (FMI) dans l’élaboration dudit document.

Source d’une nouvelle tension sociale, le plan de réformes économiques que compte engager le gouvernement Bouden démarre mal, même avant son officialisation.

Maîtrise de la masse salariale en adoptant des restrictions et une approche d’austérité, levée progressive de la subvention des produits de base et gel des salaires pendant cinq ans, ce sont les grands axes de la réforme économique proposée par le gouvernement, dans un document adressé au FMI et qui fait déjà polémique.

En effet, ce plan est destiné plutôt au FMI pour solliciter une nouvelle ligne de crédit indispensable pour le budget de l’Etat pour l’année courante. Encore faut-il le rappeler, la loi de finances pour 2022 a été élaborée en fonction d’une hypothèse bien précise, celle de la conclusion d’un nouvel accord avec le FMI.

En tout cas, pour le premier responsable de la Centrale syndicale, le secteur public, et notamment le transport, constitue une ligne rouge pour l’Ugtt. «Si vous cherchez le bras de fer, nous sommes prêts. Pour nous, le secteur public est une ligne rouge à ne pas franchir, nous sommes ouverts à toutes les réformes justes et équitables se basant sur une justice sociale et fiscale», a-t-il encore dit.

Non à la circulaire 20

Ce rendez-vous syndical a également constitué l’occasion pour rappeler le refus de l’Ugtt de la circulaire gouvernementale numéro 20 interdisant les négociations avec les parties syndicales sans l’aval de La Kasbah.

Pour Taboubi, cette mesure porte atteinte aux droits des Tunisiens, notamment en matière d’activité syndicale, appelant à son retrait immédiat.

S’agissant de la situation politique dans le pays, le secrétaire-général de l’Ugtt a reconnu que la Tunisie traverse une crise étouffante appelant, encore une fois, au dialogue national.

Pour lui, le pays a besoin plus que jamais de dialogue pour sortir de cette crise, rappelant que la Centrale syndicale a toujours été une force de suggestion. «Notre vision pour sortir de cette crise et nos plans de réformes politiques, économiques et sociales sont prêts, nous appelons surtout au dialogue», a-t-il dit, réitérant son attachement aux acquis de la révolution.

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