Le constat ne laisse pas indifférent : l’économie  tunisienne a perdu ses fondamentaux. Elle est entraînée dans une spirale à travers laquelle il lui est bien difficile aujourd’hui de se relever, même si elle donne l’éphémère impression de vouloir  rompre avec les dérapages accumulés tout le long de la décennie noire. Les citoyens sont les premiers à en subir de plein fouet les conséquences. Ils n’ont, de toute évidence, jamais connu un Ramadan aussi contraignant. 

Les faiblesses et les insuffisances continuent aussi à compromettre de plus en plus l’image de l’économie tunisienne. C’est encore et toujours le règne de l’énigme et de la confusion. C’est là une manière de réaliser que le redressement souhaité ne peut se traduire que par des façons d’être, de faire et de penser agissantes. En effet, beaucoup de choses devraient voir le jour au moment où d’autres sont censées prendre fin. Il s’agit de mettre de l’ordre dans un environnement dans lequel les principaux acteurs se sont égarés.

L’une des principales répercussions de cette décomposition est sans aucun doute la détérioration vertigineuse du pouvoir d’achat du Tunisien, incapable de plus en plus de faire face à la cherté de la vie. En dépit de certaines bonnes volontés, qui se comptent cependant sur les doigts d’une seule main et malgré la lutte qu’elles mènent, on sait que derrière autant de défaillances et de manquements se cachent toujours de bien terrifiants dangers. Des dangers qui ont pour noms monopole, mais aussi et surtout conflit et règlements de comptes politiques introduits dans les circuits de distribution et à travers les intermédiaires. Il est impératif aujourd’hui de barrer la route à tous ceux qui gravitent autour des besoins quotidiens des Tunisiens.

Le contexte actuel, avec ses contraintes et ses obligations, impose forcément de nouvelles priorités. La régulation du marché nécessite d’ailleurs des mécanismes appropriés pour améliorer l’offre et garantir le bon fonctionnement du marché local. Il reste que l’opération de normalisation ne doit plus être gérée de la même façon qui a précipité son déclin tout le long de la décennie noire.

Pour maîtriser la flambée des prix, notamment en ce mois saint, les autorités ont finalement décidé d’interdire l’exportation de fruits et légumes frais. Objectif : lutter contre la pénurie sur le marché local et ajuster les prix qui ont enregistré, depuis le début du mois de Ramadan, un niveau record.

La restriction des exportations serait-elle vraiment la solution  susceptible de pouvoir remédier à la hausse des prix, ou s’oppose-t-elle au principe du droit au commerce et à l’exportation ? Les apports en devises ne risquent-ils pas aussi d’être touchés ?

Au-delà des options «courtermistes», il faut reconnaître que c’est tout le système, de la production à la consommation, en passant par les intermédiaires,  qui est défaillant. 

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