LE projet d’amendement de la loi électorale a la peau dure malgré la vague d’opposition qu’il a suscitée auprès de la classe politique et de la société civile. A chaque fois qu’on le croit mort et enterré, il ressuscite. Ce fut encore le cas jeudi dernier et pour la quatrième fois. Le projet d’amendement a été expédié et n’a pas été adopté. A la surprise générale. Il était, en effet, parti pour être adopté, puisqu’il s’était assuré la majorité des voix (109), voire plus, avant le démarrage de la séance plénière, suite au consensus conclu entre Tahya Tounès (44 députés) et Ennahdha (68).

Mais alors que tout le monde a cru que c’en était fini avec cette tentative d’amender la loi électorale, à quelques mois du double scrutin, la voilà qui revient à l’ARP pour être rediscutée et revotée aujourd’hui, mardi. Il ne s’agit donc plus d’acharnement de l’équipe gouvernementale, comme l’ont prétendu certains, mais bel et bien d’une volonté, inavouée, des partis politiques de se prémunir contre la concurrence politique déloyale. De quoi supposer que les dispositions  proposées par le gouvernement conviennent, au final, à tous les partis politiques représentés à l’ARP, sauf que les calculs politiques et les exigences de l’opposition les empêchent de s’afficher publiquement pour une initiative législative portant le sceau du gouvernement.

Il faut donc croire que la rapidité avec laquelle le projet d’amendement a été expédié au Parlement, jeudi dernier, a dû  faire l’effet d’une douche froide générale à laquelle personne ne s’y attendait. Et pour cause : même si les amendements semblent  porter, en apparence, les stigmates de l’exclusion,  ils instituent le principe d’égalité des chances entre tous les partis politiques dans la course électorale et en excluent ceux qui sont considérés comme des intrus ou une menace contre la transition démocratique. Des orientations que le constitutionnaliste Jawhar Ben M’barek a défendues, à son tour, en déclarant que les amendements proposés visent  l’égalité des chances entre les candidats aux élections et non l’exclusion de certains d’entre eux, comme ce fut le cas de la loi d’exclusion politique qui a visé les Rcdistes en 2011.

Le texte redébarque donc aujourd’hui au Parlement et au regard de ce qui précède, il est permis de croire que cette fois il passera. Mais la hache de guerre ne sera pas pour autant enterrée, d’autant que des rumeurs d’un possible report des élections sont en train d’être colportées à l’effet de perturber le climat politique. Ce alors qu’au vu des délais fixés par l’Isie, le président de la République devrait signer dans trois semaines, le 6 juillet, le décret appelant les électeurs à se présenter aux bureaux de vote les 6 octobre et 10 novembre prochains.  Les prochains jours s’annoncent donc particulièrement riches en matière politique et la course électorale sera folle.

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Charger plus par Amel ZAIBI
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