Le CA actuel n’a plus grand-chose à voir avec le CA de l’an passé. Le Club Africain version 2021-2022 semble être en mesure de lutter et ne plus être destiné à faire figure de victime sacrificielle.

Un détail, toutefois. Et un détail de taille. Le CA doit réapprendre à vite repartir après un coup d’arrêt, sans trop cogiter et, donc, se faire distancer. On touche là un point essentiel du CA de cette année, celui d’un onze qui s’angoisse et s’expose dès que l’appareil s’enraye. Maintenant, si le « système fonctionne », une question se pose : le CA peut-il être crédible au play-off, aller jusqu’au bout et gagner le titre? Au premier abord, on serait tenté de dire oui, que la défense prend peu à peu du volume (malgré les blessures de Lâamara, Kossi, Bedoui et peut-être même Agrebi), que l’attaque carbure, même si elle n’est pas prolifique (l’ombre de Saber Khélifa plane), que ça tourne au milieu grâce à un tandem Azouni-Khélil retrouvé, et que l’équipe tient globalement la route en attendant mieux.

Prestations besogneuses

Maintenant, au regard de la saison actuelle, alors qu’il reste une «Champions League locale » à disputer, l’hypothèse de voir le CA tracer sa voie vers les sommets est forcément envisageable, même si, pour être sacré, les autres doivent s’écrouler. Nul besoin de trop s’attarder là-dessus cependant, car la vérité, c’est que le pire ennemi du CA, c’est lui-même, quand l’équipe sombre dans la décompression, en ne sachant plus se motiver. Et là, forcément, la voie serait libre pour ses concurrents. Alors essayons de retenir d’autres critères qui accréditeraient la thèse de voir le groupe à Louhichi champion. Primo, le CA a bénéficié d’un programme plus allégé que ceux de l’ESS, du CSS et de l’EST, surtout (en cette seconde partie de saison). Secundo, à domicile, dans un stade Hamadi-Agrebi de Radès, qui bat tous les records d’affluence, le CA peut se sublimer et lancer le sprint grâce à l’ambiance autour du club. Tertio, même si c’est surtout le jeu pratiqué qui est le meilleur garant d’un véritable succès final. Enfin, il y a, malgré tout, cette certitude que le CA peut marquer à tout moment, et ça agit d’abord sur le mental de ses adversaires comme une arme psychologique. Là, franchement, le CA est bien doté aux extrémités avec Zouhaïer Dhaouadi, Chamakhi, Chiheb Lâabidi et Ali Amri. Là, les places deviennent mêmes chères avec, par exemple, le jeune Hamdi Lâabidi qui pointe le bout du nez.

Passons à présent aux handicaps ou faiblesses qui pourraient empêcher la consécration clubiste. Montassar Louhichi tout d’abord. On le connaît trop bien, le coach est bienveillant et accessible. Mais on sait aussi que son intransigeance, doublée d’une exigence telle au boulot, peut finir par lasser, par user un groupe déjà assez juste en nombre. Dans le jeu maintenant, il manque toujours au CA une dimension essentielle de la maîtrise collective : la possession-circulation lors des temps faibles, celle qui fait la force des grandes équipes en devenir. Il y a en tout cas de bonnes raisons d’espérer. La vérité, le CA a réalisé très récemment des progrès intéressants, mais pourtant passés inaperçus dans ce secteur de jeu crucial. C’était contre l’ESS à Radès, en seconde partie de première mi-temps et face à l’USM, toujours à Radès, en seconde période. Pour faire court, après un temps fort (sous forme de départ canon, par exemple), le CA doit réapprendre à gérer un gros temps faible, en faisant tourner au milieu, ce qu’il ne sait pas toujours bien faire.

Sans une bonne défense…

Autre point « noir » à soulever, le CA  ne défend pas très bien. On objectera que l’essentiel est de marquer un but de plus que l’adversaire et que les buts encaissés sont la conséquence logique de grosses prises de risque offensives. Pas complètement faux.  Mais il se trouve que le CA rame sur les balles aériennes (n’est-ce pas Moez Hassan) quand Ghandri n’intervient pas. On constate ainsi, qu’à plusieurs reprises, l’arrière-garde fut mal disposée, avec des rôles au marquage mal définis, là où elle se fait souvent perturber. Un CA qui réapprend à être costaud après s’être beaucoup appuyé sur ses individualités, lors de la phase aller (l’attaquant Chamakhi et le défenseur Skander Lâabidi). Toujours est-il que l’équipe affiche un visage de plus en plus cohérent, par opposition à celui de ces dernières années où elle était considérée comme la formation la plus illisible du wagon-pilote de la Ligue 1.

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