Selon les spécialistes, la Tunisie a toutes les chances de devenir un acteur majeur du métaverse. Toutefois, pour relever le défi et pouvoir se positionner sur ce mégaprojet qui va révolutionner l’internet, les acteurs de l’économie créative doivent s’unir pour créer un écosystème qui va leur permettre de développer leurs projets et trouver des financements.

L’industrie culturelle et créative n’est nullement à l’abri du vent de changement qui s’annonçait avec l’arrivée du métaverse. Bien au contraire, elle en est une composante essentielle qui continue de faire couler beaucoup d’encre. Conscients de l’envergure d’une révolution qui pointe le bout du nez, les acteurs de l’économie créative affichent leur prédisposition à faire partie d’une transformation inédite et à débarquer dans un nouveau monde où tout un chacun peut laisser libre cours à son imagination et à sa créativité. Quel lien entre le métaverse et l’économie créative? Comment les acteurs de l’économie créative appréhendent-ils cette révolution qui frappe à leurs portes ?

Dans l’optique de trouver des éléments de réponse à ces questionnements, le centre Ticdce (Tunis international center for digital cultural economy) a organisé, en collaboration avec l’Association DigiArt Living Lab, une rencontre sous le thème «le passage au métaverse».

Décentralisation et monétisation des contenus produits

Le débat s’est tenu, jeudi 21 avril à la Cité de la culture, en présence d’entrepreneurs culturels et de spécialistes des technologies créatives et du métaverse. L’événement était une occasion pour les startuppeurs de débattre des nouveaux défis qui s’imposent aux jeunes entreprises créatives à l’ère des nouvelles technologies disruptives, notamment en termes de business model, de financement et d’accès aux nouvelles plateformes dédiées à la création artistique.

Lors de son intervention, Mohamed Zoghlami, consultant international en stratégie et développement, spécialiste des industries créatives et du métaverse en Afrique, a présenté aux jeunes la dynamique de l’évolution de l’internet qui était un catalyseur servant de socle pour le métaverse. Il a défini, dans ce contexte, la notion de la valeur numérique, qui a fait son apparition suite à l’émergence du web 3.0. Elle émane de la volonté des internautes de tirer profit du business model des géants de l’internet Gafam qui s’accaparent des données et centralisent les contenus et les informations produits sur le web.

En effet, la philosophie du web 2.0 (qu’on utilise depuis plus de 20 ans) repose sur la copie de l’information et du contenu, ce qui réduit leur valeur numérique. Aujourd’hui, la technologie NFT va permettre de monétiser les contenus créatifs et permettre l’authentification et la propriété intellectuelle numérique. C’est l’outil qui garantit la valeur numérique. «Dans le web 3.0 on devient propriétaire d’une partie de l’internet grâce à la blockchain et les smarts contrats : tout ce qu’on va créer va nous appartenir. Et ce droit va nous permettre de décider comment on va explorer cette valeur. Les NFT vont révolutionner le web 3.0 et vont amener le socle du métaverse», a expliqué Zoghlami. Il a ajouté que l’économie créative est la composante essentielle du métaverse qui est au carrefour des nouvelles technologies disruptives, web 3.0, NFT, 5 G, réalité augmentée, Intelligence Artificielle…

Créer un écosystème tunisien

Selon le spécialiste, la Tunisie a toutes les chances de devenir un acteur majeur du métaverse. Reste qu’il faut savoir comment se positionner sur ce mégaprojet. S’adressant aux startuppeurs présents dans la salle, Zoghlami a appelé les jeunes entrepreneurs culturels à s’unir et se rassembler pour créer un écosystème et pouvoir alors financer et développer leurs projets.

De son côté, Aymen Mekki, technologue créatif XR, a précisé que le métaverse est une extension du monde réel, soulignant que les géants de l’internet sont en train de créer leur écosystème où ils vont définir et assurer l’interopérabilité de l’accès et aussi de l’identité entre les divers univers numériques du métaverse.

Evoquant l’exemple de Omniverse, une plateforme qui a permis la démocratisation de la création 3D grâce à l’Open Source USD, Samia Chelbi, modératrice du débat et experte en industrie créative, a mis l’accent sur l’importance d’acquérir de nouvelles compétences notamment en matière de développement web, désormais des atouts importants pour les jeunes créateurs.

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