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e plus en plus infecte. Voilà comment l’on pourrait qualifier la situation générale actuelle de notre pays. De plus en plus infecte car de plus en plus compliquée et de plus en plus conflictuelle. Chaque partie (Saïed et ses adversaires) est, en effet, aujourd’hui  en train de mobiliser ses effectifs en vue d’un affrontement politique on ne peut plus imminent, au lieu de participer à mobiliser le peuple afin de sauver le pays de la faillite totale.

Une situation qui a plongé le pays dans un intense stress généralisé avec, comme première grande victime, l’économie et le pouvoir d’achat de la majorité des citoyens. Traduire, paupérisation galopante de l’ensemble du pays (société et Etat) et confiscation de l’avenir des générations futures. Tous les indicateurs prouvent, en effet, que nous sommes sur cette pente raide et qu’il serait très difficile et très coûteux de la remonter.

Une situation générée et gérée par un pouvoir de fait de plus en plus isolé et qui continue, malgré les multiples appels à la sagesse, de faire cavalier seul et de façonner à sa guise le devenir de tout un peuple, et ce, en profitant de la colère de ce dernier et des déceptions qui se sont accumulées en son sein  depuis 2011.

Tout cela aux dépens d’un minimum de visibilité pouvant constituer une lueur d’espoir. La pseudo feuille de route imposée par le locataire de Carthage  mais rejetée totalement ou partiellement  par une bonne partie des composantes politiques et sociales de notre société, ne pouvant guère offrir ce minimum.

Incarnant  un pouvoir de fait et ayant confisqué tous les autres pouvoirs, Saïed a également gommé de son agenda  toutes les structures médiatrices ainsi que toutes  les organisations politiques et sociales élues ou presque et s’est autoproclamé sauveur du pays et porte-parole du peuple avec Dieu pour seul témoin.

Un pouvoir qui refuse tout vrai dialogue et qui a fait perdre au pays  un temps fou ainsi que de précieuses occasions et opportunités de reprendre une reprise prometteuse après la profonde crise qu’a connue le pays et qui est  due à une mauvaise gestion du problème du coronavirus. Echec à la survenue duquel Saïed a largement contribué.

Saïed s’est, rappelons-le,  placé depuis son accessions à la présidence de la République  dans une position de combat. Ayant adopté une attitude belliqueuse renforcée par un discours dénué de toute sagesse, il avait, d’emblée,  refusé l’ensemble du système allant jusqu’à tout bloquer alors que le pays subissait les coups de boutoir de la pandémie (à partir de la mi-mars 2020). Au lieu de rassembler, il a aggravé les conflits. Au lieu de mobiliser, il a éparpillé les énergies.

S’obstinant depuis son accession à la magistrature suprême à écarter tous ceux qui se sont opposés à ses agissements anticonstitutionnels,  il semble décidé, depuis le 25 juillet dernier,  à faire adopter par un peuple politiquement et juridiquement analphabète tous ses projets politiques et a fait en sorte qu’il puisse jouir de ces réalisations futures le reste de son mandat théorique (le réel  ayant pris légalement fin le 25 juillet dernier).

A cela est venu s’ajouter l’imbroglio juridique dans lequel Saïed a plongé le pays et qui risque de saper les fondements légaux des ô combien délicates  actions futures que sont le référendum, les législatives et une nouvelle constitution. La rédaction de cette dernière ne devant pas être assurée par une commission, désignée de surcroît par le pouvoir en place, mais par des représentants élus.    

Ainsi tout continue de s’infecter ou de surinfecter. Et le danger qui guettait le pays avant le 25 juillet dernier et envers lequel nous  n’avons jamais cessé de mettre en garde sur ces mêmes colonnes (déliquescence de l’Etat et effritement de  la société)  s’est confortablement installé depuis un certain temps, parmi nous, et est devenu un mal en train de ronger le pays.

Or, tant que les représentants des différentes composantes, politiques et autres  de notre société ne sont pas réunies au sein d’un congrès (et non un simple dialogue), aucune mesure ou panoplie de mesures de pourraient nous sortir du bourbier dans lequel le pays se débat.  Un processus participatif et représentatif, c’est-à-dire un dialogue institutionnalisé,  qui devra déboucher sur l’adoption d’un plan de sauvetage du pays.

Aucun salut n’est donc possible sans la tenue, le plus tôt possible, d’élections, législatives et présidentielles (Oui Saïed représentant une grosse part du problème). Les nouveaux pouvoirs seront, eux,  appelés à organiser les changements souhaités. Et ce, grâce à des projets  que le congrès national, déjà cité, aura préparés.

Aucun salut aussi sans l’adoption d’un plan national de remise à niveau de la population dans tous les domaines vitaux et un second de lutte contre l’analphabétisme politique et économique de l’écrasante majorité du peuple, appelé à s’exprimer à travers les urnes sur des questions vitales.

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