• On se demande où mènera cette pléthore d’initiatives visant à créer chacune un front de salut national ou une rencontre de sauvetage national avec pour ambition de contrer le projet ou l’approche que se propose de mettre en œuvre le Président Kaïs Saïed via la dynamique du 25 juillet 2021 et sa feuille de route prévoyant un référendum populaire le 25 juillet prochain et des élections législatives anticipées le 17 décembre 2022
• Que peuvent attendre les Tunisiens du front national annoncé par Néjib Chebbi et comportant les cinq principaux partis politiques opposés à la dynamique du 25 juillet 2021 ?

Un phénomène est à souligner ces temps-ci : la course folle à la création de fronts de salut national dans laquelle se sont engagés plusieurs partis politiques représentés ou non au sein du Parlement dissous ! Même si les composantes de ces fronts n’ont rien de commun, elles se partagent l’objectif de contrer le projet de Kaïs Saïed issu de la dynamique du 25 juillet.

L’on est en droit de se poser la question suivante : la multiplication de la naissance de ces fronts de sauvetage va-t-elle être couronnée par l’organisation du Dialogue national tant attendu, avec la participation de tous ou sera-t-on amené à vivre la confrontation tant redoutée entre les opposants à la dynamique du 25 juillet 2021, sous l’impulsion du Président Kaïs Saïed, d’une part, et, d’autre part, ceux qui soutiennent les mesures exceptionnelles prises par le Chef de l’Etat et considèrent que sa feuille de route comportant notamment la tenue du référendum populaire le 25 juillet prochain et le déroulement des élections législatives anticipées programmées le 17 décembre 2022 est sur la bonne voie, c’est-à-dire celle de la concrétisation par étapes comme ne cesse de le répéter le Chef de l’Etat ?

En plus clair, que Néjib Chebbi, Mohamed Abbou, Jawher Ben M’barek ou Samir Dilou (en son nom personnel ou parlant au nom d’Enndhdha qu’il assure avoir quitté officiellement) poursuivent leur opposition à la dynamique du 25 juillet 2021 et qu’ils continuent à mobiliser les bases qui écoutent toujours leurs discours et prêtent encore un certain crédit à leurs propositions ou participent aux actions qu’ils mènent épisodiquement sur le terrain (marches de protestation ou sit-in à intervalles réguliers), pour les Tunisiens, l’essentiel est de savoir ce que le Président Kaïs Saïed va entreprendre d’ici à la date des législatives anticipées ou celle du référendum qui rompra définitivement, comme l’ont démontré les conclusions de la consultation populaire électronique, avec le système politique né de la révolution du 17 décembre 2010 – 14 janvier 2011.

Priorité au sauvetage économique

Hier, les Tunisiens ont assisté à la naissance du Front de salut national et à l’annonce de la constitution de son comité directeur.

Et c’est Néjib Chebbi, président de la commission politique du parti El Amel et initiateur du Front, qui a fait part aux journalistes, lors d’une conférence de presse, de la naissance du Front, des partis dont il sera constitué et des objectifs qu’il se propose de réaliser.

Ainsi, le Front de salut national est-il formé des cinq partis politiques suivants: Ennahdha, Qalb Tounès, Al Karama, Harak Tounès Al Irada et le parti El Amel, et des cinq formations suivantes : Citoyens contre le coup d’Etat, La Rencontre nationale pour le salut, Tunisiens pour la Tunisie et l’initiative Rencontre pour la Tunisie ainsi qu’un grand nombre de députés issus du Parlement dissous.

Néjib Chebbi annonce que le comité directeur du Front entreprendra dans les jours à venir l’organisation d’une série de rencontres populaires à travers l’ensemble des régions du pays dans le but d’expliciter aux Tunisiens les objectifs que le front cherche à atteindre.

Et ces objectifs visent essentiellement à mettre en place une feuille de route consensuelle qui viendra supplanter celle annoncée par Kaïs Saïed.

«Cette feuille de route qui accordera la priorité absolue au sauvetage économique sera issue d’un dialogue national qui planchera sur les réformes urgentes dans les domaines économique, politique, constitutionnel et juridique».

Néjib Chebbi précise encore : «Notre objectif est aussi de former un gouvernement qui aura à gérer la période transitoire et à veiller à la concrétisation des conclusions du Dialogue national dont en premier lieu des élections présidentielles et législatives anticipées sous la direction de l’Isie».

Le programme du Front de salut national est on ne peut plus clair : un dialogue national avec la participation de tout le monde, «y compris avec Abir Moussi et Kaïs Saïed s’ils le désirent», comme l’a souligné Néjib Chebbi.

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