Une plume à la main et l’inspiration au bout de la voix, c’est ainsi que Ghalia Benali interprète un répertoire classique qu’elle maîtrise totalement. C’était le 28 avril dernier lors d’un concert à l’Institut français de Tunisie.   

La chanteuse tunisienne Ghalia Benali, vivant et travaillant en Belgique, était de retour en Tunisie, les derniers jours de Ramadan, pour un récital gratuit dans la grande cour de l’Institut français de Tunisie, transformée en une salle de spectacle. Un jeune public y a afflué, totalement acquis à Ghalia Benali et à son répertoire classique, déclamé, comme toujours, dans une langue arabe châtiée.

La chanteuse, également auteure-compositrice, danseuse autodidacte, plasticienne et actrice, qui prend avec l’âge des allures de cantatrice, accompagnée par un luthiste et un violoncelliste, démarre son concert avec la mélodie de l’immense maître de la chanson égyptienne, Abdel Wahab, Ya Msafar Wahdak (Toi, qui voyages en solitaire). Une chanson à la musique puisée dans les tonalités lointaines du flamenco andalou. Comme un passeport pour d’autres ports artistiques. Et aussi une manière pour elle de livrer une part de son identité : le métissage des cultures.

Puis, elle enchaîne avec des chansons soufies, revient à deux reprises à Oum Kalthoum, ressuscite le malouf et finit avec Hedi Jouini.

La voix est sensuelle, rauque, pleine et profonde. Et sa présence alors ? À la fois imposante et légère. La crinière en folie, l’humour en bandoulière et à la main sa sempiternelle plume, qu’elle agite parfois comme un éventail, d’autres comme une baguette pour trouver le bon tempo, Ghalia Benali a du style !

Étonnante est sa maîtrise des paroles et musiques du genre classique. Au point de le réinventer, de l’alléger, de le réécrire (grâce probablement et toujours à sa plume !) et de le livrer dansant à un public totalement séduit par ses improvisations et les circonvolutions de sa voix. Qui a dit que la jeunesse tunisienne n’était pas sensible à la poésie arabe des temps anciens ? C’est sur les cadences de ses vers que le public présent à l’IFT ce soir-là n’a pas arrêté de tanguer. Emporté comme plume au vent !

Le concert s’achève avec cet hymne à l’amour qu’est l’éternel succès de Hedi Jouini, Lamouni Illi gharou minni et une promesse de l’artiste de revenir cet été. Le public l’attend déjà…

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