La prévention demeure le maître-mot, vu la multiplication des facteurs de risque cardiovasculaire. Diabète, hypertension artérielle, dyslipidémie, obésité, tabac sont les maux responsables de la recrudescence de la cardiopathie ischémique.

Plus de 800 cardiologues et chirurgiens cardiovasculaires s’étaient réunis à l’île de Djerba, au sud de la Tunisie, devenue pendant quatre jours la capitale de la cardiologie. Ce grand rendez-vous médical, dont les travaux ont pris fin dimanche, a été initié par l’Amcv, association des médecins cardio-vasculaires du sud, à l’occasion de son 9e congrès qui se joint pour la première fois au 1er congrès tunisien international d’insuffisance cardiaque, ainsi qu’aux premières  journées de prévention cardiovasculaire du sud. Soit trois manifestations en un seul événement majeur d’une portée scientifique considérable, placé cette année sous le signe «De la prévention à l’innovation en cardiologie».

Syndrome d’un cancer du cœur !

L’édition 2022 a été riche et enrichissante, voire exceptionnelle à plus d’un titre. Une mise au point exhaustive a été faite sur les innovations diagnostiques et thérapeutiques en cardiologie et en chirurgie cardiovasculaire. Ainsi, les congressistes ont traité de l’insuffisance cardiaque, thème-clé du débat choisi de par le taux élevé de cette maladie, mais aussi de par sa grande prévalence et son mauvais pronostic. Assimilée à un cancer du cœur, l’insuffisance cardiaque est jugée responsable d’une lourde morbi-mortalité : «50% des patients dont le pronostic d’insuffisance cardiaque est sévère décèdent dans les cinq ans qui suivent le diagnostic en Tunisie et dans le monde», selon des statistiques médicales. Cette maladie figure parmi les pathologies cardiaques les plus coûteuses.

Un tel congrès est censé apporter des réponses à plusieurs questions de réflexion, et recommander les traitements à suivre.

Pr Leïla Abid, présidente de l’Amcv et chef du service de cardiologie de l’hôpital Hédi-Chaker à Sfax, abonde dans ce sens : «Ce congrès a été l’occasion pour nous de proposer des prises en charge moins coûteuses et d’offrir des solutions pour une prise en charge des patients atteints d’insuffisance cardiaque à travers un diagnostic précoce et un meilleur traitement». Le débat a porté également sur une synthèse des grands essais cliniques et des recommandations internationales. Ce qui a permis, a-t-elle ajouté, de réfléchir sur la contextualisation des avancées à notre réalité africaine et maghrébine.

Du reste, la prévention demeure le maître-mot, vu la flambée des facteurs de risque cardiovasculaire. Diabète, hypertension artérielle, dyslipidémie, obésité, tabac sont les maux responsables de la recrudescence de la cardiopathie ischémique. En clair, cette dernière est caractérisée, selon les spécialistes, par une quantité de sang insuffisante transportée jusqu’au muscle cardiaque (myocarde), ce qui entraîne une réduction d’apport en oxygène aux cellules cardiaques. Cela va sans dire, explique Pr Abid, que cette cardiopathie ischémique est, elle-même, la première cause de l’insuffisance cardiaque.

Une édition riche et enrichissante !

La tenue, cette année, du 9e congrès de l’Amcv intervient à point nommé, où les assises ont mis en avant la maladie, ses causes et l’enjeu de sa prévention. Ce qui ouvre la voie à davantage de recherches et de formations poussées dans le domaine.

Pour le comité d’organisation, il y a lieu d’étendre le rayonnement de ce congrès au-delà de la Tunisie. Selon lui, l’édition 2022 semble être enrichie en sessions communes, en étroit partenariat avec les sociétés savantes françaises (SFC), européennes (HF-ESC), d’Afrique subsaharienne, maghrébine, égyptienne et américaines (ACC). Figurait au menu une session «challenges in practice» ayant permis de traiter de nombreux sujets d’actualité, de façon didactique et pratique. Et pour la première fois, des ateliers d’éducation thérapeutique destinés aux patients, afin de s’en approcher et améliorer l’observance thérapeutique et donc leur survie. Avec l’ambition et l’objectif de proposer un éclairage sur tout ce qui concerne le diagnostic et la prise en charge des pathologies cardiovasculaires, dont particulièrement l’insuffisance cardiaque.

Et ce n’est pas tout. «Ce congrès n’a pas manqué de donner une place prépondérante aux jeunes et futurs cardiologues, et même des sessions entières et des workshops de simulation ont été organisés par les jeunes cardiologues pour les jeunes et les moins jeunes», renchérit Mme Abid, en sa qualité de présidente de l’Amcv.

Les perspectives médicamenteuses interventionnelles qui pourront être proposées dans certaines situations ont été également évoquées, conclut-elle.

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