Introduite à temps, l’assistance vidéo a permis à nos arbitres de s’en tirer de leur lourde tâche avec moins de difficultés, parfois avec mention, dans des matches chocs et à gros enjeu.

Il faut rendre à César ce qui appartient à César. On peut continuer de faire plusieurs griefs à Wadie Jary avec un championnat à remous omniprésents, voire constants, mais on ne peut pas peindre que de noir son tableau et son bilan. L’introduction de l’assistance vidéo à l’arbitrage dans notre championnat est l’une des éclaircies dans la grisaille d’un championnat la plupart du temps contesté à tort par de mauvais perdants ou à raison par des équipes lésées par des fautes d’arbitrage au parfum de scandale. Avec la VAR, on peut dire que c’en est fini pour les erreurs monumentales et grotesques qui changent le cours d’un match. Pas totalement, bien entendu, pas d’un seul coup mais avec le temps et l’expérience de cette technique qui a révolutionné le football mondial. On se posait la question au départ si ça allait réussir et c’est légitime pour une première dans notre championnat qui est comme une marmite qui bout sans arrêt. Et c’est compréhensible  quand on se rappelle que ces mêmes appréhensions ont existé quand la VAR a été introduite dans les compétitions officielles pour la première fois lors de la Coupe du monde Russie 2018. Mais les résultats ont été plus que rassurants avec des statistiques faisant état « de 99,3 % de réussite dans les décisions des arbitres en phase de poules», comme l’a souligné le meilleur arbitre italien de tous les temps et actuel président de la Commission des arbitres de la Fifa, Pierluigi Collina.

Champ d’intervention bien ciblé

La VAR intervient pour corriger les erreurs d’interprétation de l’arbitre à l’œil nu mais son champ d’intervention est limité à quatre situations de jeu sans plus : après un but marqué (validé ou refusé), dans des situations de penalty (accordé ou non sifflé), pour les cartons rouges directs ( infligé ou pas) et dans les cas d’erreurs dans l’identité du joueur fautif sanctionné par un carton jaune ou rouge. Dans les quatre cas, l’arbitre central est informé des actions litigieuses par l’arbitre assistant vidéo via oreillette. Il n’est pas obligé d’aller visionner à chaque fois ces actions pour prendre sa décision, mais il doit le faire au cas où un doute réel planerait sur leur régularité (zone grise). La VAR, c’est assurément moins d’erreurs flagrantes qui faussent le résultat d’un match, comme les buts en situation de hors jeu ou entachés par une main ou une faute précédant l’action, les buts réguliers non validés, les penaltys sifflés sans qu’il y ait une véritable faute méritant la sanction suprême ou d’autres non accordés alors qu’ils sont légitimes et parfois flagrants. Mais la VAR, ce n’est pas la perfection aussi car, comme le précise Pierluigi Collina, «c’est toujours l’arbitre principal du terrain qui est responsable et qui est au centre du processus de décision finale». Après une première journée avec des hauts et des bas, nos arbitres ont progressé lors de la 2e et 3e journée notamment sur les décisions de penalties accordés puis refusés ou non sifflés puis validés après intervention de la VAR. Ce qu ’on leur reproche encore ce sont les longues attentes pour les vérifications dans la chambre du VAR faute de nombre suffisant de caméras permettant de faire des analyses très rapides des actions litigieuses avec des angles de vue idéales. Et c’est à cette lacune importante dans la technique qu’il faut remédier au plus tôt pour ne pas hacher complètement le rythme des matches. On conseille aussi à nos arbitres de ne pas être trop dépendants de la VAR pour que l’excès dans le recours à cette technique et dans le visionnage ne transforment pas les matches «en une succession d’actions que l’on saucissonne d’interventions vidéo au point de tuer la beauté du jeu et son charme».

Bons indices

D’ailleurs,  les bons indices de l’apport confirmé de cette technique sont là avec plus d’apprentissage et de régularité dans les performances de nos arbitres. Il y a moins de policiers pour courir protéger un arbitre après le coup de sifflet final et beaucoup moins de colère et d’incidents sur les gradins. C’est très révélateur et c’est très prometteur si on n’oublie pas que ce n’est qu’un début,  qu’un départ. Les équipes ont de plus en plus la conviction que la justice des arbitres est de moins en moins sélective et que le principe d’égalité des chances est de moins en moins bafoué. C’est très important pour la crédibilité d’un championnat.

crédit photo : © Mokhtar HMIMA
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