LE 15 juillet 2020, moins de six mois après sa désignation en tant que Chef de gouvernement, Elyès Fakhfakh démissionne sur fond d’une crise politique d’une grande ampleur pour suspicion de conflit d’intérêts, d’enrichissement illicite et de fausses déclarations de biens. S’ensuit une cabale juridico-médiatique qui réduira l’homme au silence après avoir été mis au pilori.

Presque deux années plus tard, la chambre d’accusation spécialisée dans les affaires de corruption financière près la Cour d’appel de Tunis a classé «sans suite» l’enquête ouverte contre lui. Bien qu’un pourvoi en cassation reste possible, le dossier ne semble plus aussi solide qu’on le pensait et tous les indicateurs laissent présager un non-lieu en sa faveur. Dans ce genre de situation, l’accusé s’estime toujours heureux d’avoir été acquitté et se contentera de voir son honneur enfin lavé. Mais il portera les blessures d’un sinistre épisode de vie et continuera à en assumer les dommages collatéraux sur sa vie familiale et professionnelle.  Comment pourrait-il évacuer de sa mémoire l’actualité navrante qui avait focalisé ses projecteurs sur lui et consacré les prime-time à son affaire ? C’est un nouveau drame — encore un — qui touche les hommes politiques qui veulent servir le pays mais qui finissent par subir, sans grand intérêt, les dommages des tiraillements politiques et des querelles sans fin qui ont mis ces derniers dans un face-à-face qui n’est nullement au service de la patrie et de leurs familles. Chaque incident malheureux de ce genre ne fait que révéler davantage le laisser- aller dans des secteurs à haute prévalence de priorité tels que la justice. Car quand on voit comment on traite les anciens ministres et avec quelle légèreté on décide de les accuser, l’on est en droit de se demander si la présomption d’innocence est encore la règle dans notre système judiciaire jusqu’à l’accomplissement de l’enquête et non le contraire.

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