Un documentaire à voir sur la plateforme Netflix «Derrière nos écrans de fumée». Pourquoi ? Parce qu’il nous permet de découvrir de quelle manière les réseaux sociaux nous manipulent. Un film tourné dans la cuisine interne des manipulateurs numériques qui dirigent nos vies et les transforment en simple algorithme qu’ils manipulent à partir d’un bureau.

«Derrière nos écrans de fumée» met en garde contre les dérives de ces algorithmes qui cherchent, avec chaque jour un peu plus d’efficacité, à nous maintenir «engagés» sur Facebook, YouTube, Instagram ou Twitter. Polarisation des débats, bulles de filtres qui nous mettent uniquement en relation avec des gens qui pensent comme nous, addiction, prime à la désinformation, dépression, le documentaire balaye largement les problèmes causés, plus ou moins directement, par «l’algorithmisation» croissante de nos vies. Le film donne la parole aux plus grands experts en la matière qui ont travaillé à Silicon Valley et qui se sont aujourd’hui repentis en quelque sorte pour tirer le signal d’alarme et dire en substance qu’eux-mêmes, ils essaient de protéger leurs enfants contre ce phénomène. Les principaux intervenants ? Tristan Harris, ancien ingénieur chez YouTube et qui préside aujourd’hui le Center for Humane Technology. Renée Di Resta, spécialiste mondialement reconnue de la désinformation et Shoshana Zuboff, théoricienne du «capitalisme de surveillance» pour ne citer que ceux-là.

Le réalisateur a notamment choisi d’incarner les algorithmes de recommandation par une sorte de QG virtuel où trois hommes identiques contrôlent tout ce qu’il se passe sur le smartphone d’un adolescent, et s’amusent à lui «pusher» des contenus toute la journée pour s’assurer qu’il ne quitte pas son appareil du regard. Pour mieux nous expliquer les dérives de ce phénomène. Le réalisateur, en parallèle, aux témoignages a développé la petite fiction suivante : «C’est l’histoire d’une famille ordinaire, un couple et ses trois enfants, qui n’arrivent pas à passer un repas sans utiliser leur smartphone. Tous sauf une, qui a tout compris, parce qu’elle n’aime pas les smartphones. D’ailleurs, elle n’a pas de smartphone. Car les smartphones sont dangereux». La nouvelle technologie conduit le fils à s’isoler, tandis que la fille développe une mauvaise image d’elle-même. Face à eux, trois acteurs jouent le rôle des algorithmes, qui ont pour but de les maintenir accrochés à leur téléphone et leur vendre des publicités ciblées.

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Charger plus par Salem Trabelsi
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