La coopération tuniso-indonésienne et les perspectives de son développement ont fait l’objet d’une conférence de presse, tenue vendredi au siège de l’ambassade d’Indonésie, aux Berges du Lac à Tunis. Des relations d’amitié historiques datant de plus de 60 ans. Et pas une ride ! Cela remonte même à la période coloniale, au début de 1950, où l’Indonésie était alors parmi les premiers pays à avoir tendu la main à la Tunisie pour soutenir ses aspirations à l’autodétermination et à l’indépendance. Depuis, cette amitié n’a cessé de se renforcer davantage. « L’Indonésie a toujours été aux côtés de la Tunisie », souligne, d’emblée, Zuhairi Misrawi, ambassadeur d’Indonésie à Tunis.

Au cours de ses interventions, en réponse aux questions des journalistes présents, il n’a pas manqué de témoigner la profondeur des relations qui liaient Sukarno, premier président de son pays, et son homologue tunisien Bourguiba, bâtisseur de la nation. Le livre de Rachid Driss, homme politique et diplomate tunisien, De Jakarta à Carthage,  l’avait, d’ailleurs, beaucoup inspiré. Toutefois, estime-t-il, ce crédit hérité, au fil du temps, n’a pas été bel et bien investi dans l’évolution de la coopération bilatérale, d’autant plus que son volet économique n’est pas, jusque-là, à la hauteur de celui politique. « En 2020, nos échanges commerciaux n’ont même pas dépassé les 100 millions de dollars par an. Un volume qui a été majoré, l’année dernière, de presque 30%, soit 130 MD dollars », révèle-t-il. Mais, ces taux sont encore en deçà des attentes. Et encore loin des potentialités réelles des relations économiques des deux pays, souligne l’ambassadeur. Cette belle reprise s’avère de mise !

Ce qu’on peut exporter

sur le marché indonésien !

De son côté, l’Indonésie s’apprête à exporter en Tunisie son fameux café, distingué par son goût raffiné. D’ailleurs, elle est classée deuxième exportateur mondial de ce produit après le Brésil. En quelque sorte « les saveurs du paradis dans un café indonésien », comme aime le promouvoir l’ambassadeur dans le sillage de sa diplomatie économique en Tunisie. A commencer, déjà, par la participation de son pays au Salon méditerranéen de l’agriculture et des industries alimentaires « SMA Med Food », du 18 au 24 de ce mois, à Sfax. Les visiteurs auront, ainsi, à déguster les délices du café indonésien. Mais aussi sa pâte « Indomie », un produit du terroir indonésien hissé à l’international.

En marge du salon, annonce-t-il, l’ambassade organisera des contacts d’affaires regroupant les investisseurs des deux pays, à même de pouvoir se concerter sur les procédures et les possibilités d’importation du café indonésien en Tunisie. Et d’ajouter que notre pays aura le privilège d’exporter des dattes, de l’huile d’olive et d’autres produits halieutiques sur le marché indonésien, grand portail de l’Asie. D’ailleurs, il y a certains de nos hommes affaires qui sont déjà installés là-bas.

Relance des négociations commerciales

Cela dit, il y aura encore plus d’opportunités d’échange, affirme-t-il, dans la perspective d’atteindre annuellement une valeur de 500 millions de dollars. S. E Misrawi déclare accorder un intérêt tout particulier à l’évolution des relations économiques tuniso-indonésiennes. « Leur développement figure, déjà, en tête de nos priorités », promet-il. Au cours de ce mois, son agenda diplomatique semble être bien chargé. La relance, en post-Covid, des négociations bilatérales de la convention du commerce préférentielle, prévues du 24 au 26 courant sera un évènement marquant. « Elle serait la première convention à signer avec un pays arabe et africain, que l’on souhaite concluante.

Et qu’elle soit mutuellement bénéfique», espère-t-il, soulignant que son pays manifeste sa volonté d’aller plus loin dans son soutien à la Tunisie. Il a annoncé que l’Indonésie fera un don militaire à la Tunisie, sans préciser d’autres détails.

L’apport de la coopération bilatérale s’annonce, désormais, de taille. Surtout que l’Indonésie, en sa qualité de membre et présidente, accueillera, en novembre prochain, à Bali, le sommet du G-20, un des grands rendez-vous économique mondial, où seront débattus les défis sociaux et économiques post-Covid. « Certes, cet évènement aura impacté positivement nos relations économiques privilégiées », conclut l’ambassadeur.

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