Dans un match couperet, à quitte ou double, le CSS a corrigé le CA et se relance pour la course au titre.

Dos au mur avant le coup d’envoi de leur empoignade  avec les «Rouge et Blanc» de Montasser Louhichi, les hommes de Nabil Kouki n’avaient d’autre choix que de vaincre pour se relancer. Après un match plein et réussi sur tous les plans,  résultat et manière,  la remontée des Sfaxiens à la surface a été magnifique.  Un vrai coup de maître de Nabil Kouki et de son Onze qui ont dominé les débats de la tête et des épaules,  de long en large, et ont submergé Montasser Louhichi et son escouade, leur donnant l’une des plus grandes leçons de l’histoire des classicos CSS-CA. Pour le coach des «Rouge et Blanc» ce fut plus qu’un mauvais après- midi , plus qu’un jour sans. Ce fut un réel fiasco, un véritable naufrage tactique et mental.

Pragmatisme payant

Nabil Kouki, pragmatique à souhait, a intelligemment préparé son duel et son plan de bataille et a fini par avoir logiquement le dernier mot. Au 3-5-2 habituel auquel tout le monde s’attendait,  il a riposté et surpris par un 4-4 -2 en losange plus adapté aux circonstances et à l’enjeu du match. L’objectif était de gagner la bataille du milieu de terrain et d’étouffer ce secteur clubiste qui a été la plaque tournante dans le derby de la semaine d’avant avec l’EST. Un réajustement tactique qui a déboussolé le système, la stratégie de jeu de Montasser Louhichi et a déréglé tout le réacteur «rouge et blanc»  qui n’a jamais été en panne de carburant autant qu’il l’a été samedi dernier. Avec un quatuor des plus complets Camara -Hammami -Karoui -Harzi, de bons récupérateurs, mais aussi de redoutables éléments de transition rapide défense- attaque, présents au départ des actions et dans la finition, et des latéraux très actifs( Mâaroufi et Dagdoug) dans leur rôle et boulot d’hommes de soutien constant  sur les couloirs, qui apportent la supériorité numérique nécessaire en phase d’attaque, le coup était bien ficelé et a fait merveille. Le fait aussi d’avoir utilisé et fait reculer Firas Chaouat d’un cran comme 9,5 plutôt qu’en pointe de l’attaque, isolé et inoffensif au cœur de la défense adverse, a été payant. Il a été l’homme de la dernière passe décisive qui a amené le premier but libérateur de Walid Karoui et dans le second but qu’il a marqué lui -même, il a bien anticipé l’action avec un décalement très intelligent sur le côté droit pour déjouer la surveillance de la paire centrale Bédoui-Ghandri .

Chadi Hammami, joueur-clé du dispositif

Le fait également d’avoir fait confiance d’entrée à Chadi Hammami comme rampe de lancement des contres, après avoir été laissé sur le banc en première mi-temps contre l’USBG, a été une pleine réussite. Ce joueur -clé du dispositif mis en place à donné un ballon précieux et décisif  en pleine course pour Chaouat pour le deuxième but et a adressé un centre en retrait bien peaufiné en position d’ailier droit pour le 3e but de Walid Karoui qui a été le coup de grâce pour un Club Africain complètement mis à genoux. Ce n’était pas assez compliqué à installer comme plan de gestion de ce classico à hauts risques pour Nabil Kouki mais le coup a été sublime au vu de la prestation des joueurs sfaxiens, de l’ampleur du score et de la beauté des buts inscrits. Pour avoir su axer le travail sur le changement de l’état d’esprit des joueurs, en faire un bloc compact et solidaire pour tirer le maximum de ses individualités et les mettre au service d’un collectif remodelé et reficelé avec patience, soin et minutie, Nabil Kouki est sur le bon chemin pour réussir sa révolution de velours au CSS. Le match plein contre le CA est le bon détonateur pour continuer cette lourde tâche et en faire un tremplin pour les matches à venir. Avec des joueurs qu’il a réussi à sortir des ténèbres et à faire émerger comme ce Walid Karoui qui a été l’homme fort de cette équipe victorieuse et qui est en mesure d’en devenir le patron avec ses qualités de redoutable finisseur qui peut surgir de derrière et à l’instant et à l’endroit où on l’attend le moins. Après tant de frayeurs, on n’a plus peur pour le CSS qui est en train de monter en puissance et de retrouver son statut de club qui ne peut que jouer les premiers rôles du championnat et pas se contenter du rôle de figurant.

crédit photo : © Imed Haddad
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