Dans le cadre de la 4e édition de « Gabès Cinéma Fen », une rétrospective des films de Ghassen Salhab a été programmée. Des réflexions mais également des critiques ont foisonné dans le cadre d’un atelier cinématographique.

Le réalisateur libanais nous a conquis avec des films, tels que « Terre incognita », « La montagne », « L’encre de chine », « Le dernier homme». L’expérience a eu lieu telle une immersion dans son univers, exprimée avec tous ses sens: l’appartenance à la patrie libanaise, les aspirations, les rêves, les attentes, mais aussi les départs et les relations humaines y sont finement racontés. Des inspirations à l’origine des images cinématographiques qu’il a créées. Des inspirations imprégnées par une impression de déjà-vu comme si on connaissait déjà ses films et ses thématiques. Salhab interroge le temps, l’histoire, la mémoire avec des techniques de montage maîtrisées pour mieux exploiter le passé et le présent.

Ses films placent les personnages dans une arène dans laquelle les rapports de pouvoir se font sentir, se nouent et se dénouent : Ghassen Salhab place le spectateur dans une perpétuelle recherche de la vérité et dévoile une « réalité cachée ». Un sentiment émane en explorant l’image, ses dessous et son contenu. Le réalisateur se définit par sa singularité et sa capacité à insérer l’image dans le temps. Il parvient même à fusionner plusieurs images d’une manière hétérogène.

Avec Ghassen Salhab, en tant que spectateur, on ne peut qu’être confronté à des scènes originales, dénuées des clichés et de redondance. Des personnages authentiques traversent l’écran sur fond de musique captivante, dans une belle mise en scène comme celle de la femme courtisée physiquement. Ghassen Salhab alterne idées et visions d’une manière provocante et intelligente.

Inès Jmal
(Doctorante chercheuse en cinéma à l’Université de Carthage)

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