Y en a vraiment marre ! A cause des conflits politiques et autres, qui ne finissent pas de nous empoisonner la vie,  notre pays n’a pas réussi, en effet,  à progresser ni à se développer. Pire, il ne fait que regresser après un timide bond en avant durant les quelques années qui avaient suivi son indépendance politique.

Conflits politiques et autres ont, en effet, et  depuis 1955, engagé le pays sur une mauvaise voie et renforcé sa dépendance à tous les niveaux. Même la pseudo- stabilité politique et sociale d’avant-2011 était illusoire et était  truffée de conflits de tous genres, la plupart d’entre eux étaient larvés.

Et la réalité est ainsi devenue encore plus  inquiétante que toute autre époque, car nettement violente et aveugle et parce que  le conflit conditionne, aujourd’hui,  toutes nos relations. Etat- société, homme-femme, salarié-employeur, élève-enseignant, consommateur- commerçant ou prestataire de service, producteur-distributeur, etc.

Tous ces conflits, qui ont fait regresser le pays sur tous les plans et dans tous les domaines, ont eu pour principales expressions, le  mal- développement  et la destruction de la citoyenneté (pour notre humble contribution nous avons proposé le concept d’anti-citoyen).

Aujourd’hui, notre peuple, dont la majeure partie est composée d’analphabètes politiques, juridiques et économiques avec zéro en histoire du pays, est plus divisé que jamais. Et aussi totalement blasé. Aujourd’hui, les conflits sont en train de devenir plus menaçants  et risquent de plonger le pays dans une guerre fratricide.

Et pour cause, une atmosphère fortement électrique qui sévit depuis le 25 juillet dernier après avoir été longtemps chargée.  Or, les gens ont besoin de travailler, de trouver un travail ou de faire travailler leur argent,  non à s’entretuer, encore moins  pour des chimères.

Et la pseudo- feuille de route du 13 décembre dernier, et ses suites sur le terrain, censée mettre fin au bouillonement général, n’a fait que jeter l’huile sur le feu. Résultat, un formidable imbroglio politico-juridique mettant profondément en question la légalité et du pouvoir actuel et aussi tous ses actes, auquel est venue s’ajouter la décision anticonstitutionnelle de dissoudre le Parlement.

Ne nous voilons pas la face. Armé de quelques slogans, populisme pur jus,  argant un soutien populaire qui reste à prouver (une partie de la rue n’étant pas le peuple), le pouvoir de fait a adopté la politique de la fuite en avant.

Ni vrai dialogue, ni mobilisation, ni plans, ni programmes, rien que des discours haineux, des accusations, pour  la plupart d’entre elles sans fondements ni contre des personnes bien déterminées  et des décrets-lois , souvent pour des décisions qui n’ont rien à voir avec les mobiles exposés le 25 juillet dernier.

Le locataire de Carthage a, en effet, et  depuis son accession à la magistrature suprême, pris une position belliqueuse avec la ferme volonté de tout changer, selon ses propres projets et par la contrainte. Pour lui, tout opposant est un traître qui complote avec les puissances étrangères pour le déstabiliser,  lui, le sauveur providentiel du pays.

Au lieu de mobiliser le peuple dans le but de mieux affronter les énormes problèmes qui continuent de le torturer et d’empoisonner sa vie et celle des générations futures,  les acteurs politiques sont, donc,  en train de mobiliser, chacun ses partisans. Et pas n’importe lesquels, ceux qui sont prêts à tout pour éliminer les adversaires. Des graines de milices armées  sont peut-être en train de germer.

Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin de rétablir la vérité à propos de tout ce qui s’est passé depuis 1955. Année qui a vu l’éclatement d’un drame politique qui a eu des suites meurtrières et qui a fondé la société sur le paradigme du conflit, de l’exclusion et de la violence. Paradigme qui continue, aujourd’hui, de conditionner tout notre peuple et qui risque de donner naissance à des actes concrets.

Sans cela,  les contre-vérités accumulées depuis cette date-là continueront à alimenter les conflits  et saborderont tout effort de réconciliation. Nous avons besoin de rétablir la vérité et aussi d’un processus participatif et représentatif, c’est-à-dire un dialogue institutionnalisé,  qui devra déboucher sur l’adoption d’un plan de sauvetage du pays.

Or, tant que  les représentants des différentes composantes, politiques et autres  de notre société, ne se sont pas réunies au sein d’un congrès (et non un simple dialogue), aucune mesure ou panoplie de mesures ne pourrait nous sortir du bourbier dans lequel le pays se débat.

Aucun salut n’est donc possible sans la tenue, le plus tôt possible, d’élections, législatives et présidentielles (Oui, Saïed représentant une grosse part du problème). Les nouveaux pouvoirs seront eux  appelés à organiser les changements souhaités. Et ce, grâce à des projets  que le congrès national, déjà cité, aura préparés.

Aucun salut aussi sans l’adoption d’un plan national de remise à niveau de la population dans tous les domaines vitaux et un second de lutte contre l’analphabétisme politique et économique de l’écrasante majorité du peuple, appelé à s’exprimer à travers les urnes sur des questions vitales.

(VII et fin)     

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