Parallèlement aux débats houleux et aux bras de fer à distance et par personnes interposées sur le référendum du 25 juillet, la question alimentaire nous paraît aussi sinon plus urgente et considérable. L’invasion russe injuste et injustifiée en Ukraine a enfoncé les pays et les économies comme la nôtre. C’est une évidence. Les premiers signes sont là : importation plus coûteuse et moins régulière des céréales et aussi d’autres denrées alimentaires de base. Ce phénomène inquiétant est international et touche tout le monde à des degrés divers : moins d’offre et de flux d’approvisionnement (désistement de l’Inde et de l’Indonésie qui préfèrent subvenir à leurs besoins au lieu d’alimenter le marché) et une demande folle avec des coûts qui montent, y compris ceux du transport et de l’assurance. La petite question qui nous interpelle : qu’avons-nous préparé déjà pour éviter cette pénurie aux futurs effets désastreux ? Cela va se ressentir les prochains mois avec l’effet de la diminution de l’offre en céréales de l’Ukraine.

En Tunisie, cette inflation des coûts va devoir obliger le gouvernement à réagir (déjà nous sommes en retard) et à préserver ses équilibres financiers fragiles du déficit croissant. Le coût des produits alimentaires en Tunisie importé totalement ou partiellement ne cesse d’augmenter, et ce ne sont pas l’œuvre des spéculateurs, c’est un fait international observé. Cette augmentation du coût des entrants va se répercuter sur le coût et le prix final. La compensation des prix de ces produits n’est pas une solution infinie. Que faire alors ? C’est au gouvernement de prévoir le déséquilibre sur le marché qui va s’observer clairement à partir de l’année prochaine et de prendre dès maintenant des mesures palliatives et aussi préventives pour éviter une pénurie et l’inquiétude chez les Tunisiens, qui restent de mauvais consommateurs et souvent irrationnels. Une chose est sûre, ce flou et cet habituel retard qui devient une «politique» ne font qu’aggraver la situation. Du côté du simple citoyen, il faut se préparer à rationaliser sa consommation en céréales, car même une moisson élevée (ce qui n’est pas encore confirmé) ne permettra jamais de subvenir aux quantités demandées. Il faut s’attendre à des prix élevés et donc à mieux gérer les budgets des ménages déjà accablés. Mais c’est au gouvernement de dire aux Tunisiens les quatre vérités et à agir dès maintenant. Ce problème alimentaire international n’est pas propre à notre pays, sauf que les autres ont tiré la sonnette d’alarme et mené les actions et les mesures préventives pour atténuer et amortir les effets. Nous, on reste dans le flou, personne ne sait rien de rien : le temps  passe, et les décisions stratégiques qu’on devait prendre il y a des mois restent en attente. Et c’est la plus grosse aberration.

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