Sa régularité, son rendement et son impact en club ou en sélection font de lui un régisseur par excellence, l’homme à tout faire sur le terrain.

Aïssa Laidouni sort d’une saison pleine et accomplie, du moins dans son rôle de relayeur au milieu de terrain, spécialiste de la récupération de balle comme un certain Riadh Bouazizi au début des années 2000. Si de nombreux joueurs expatriés ont marqué des points au cours de cette saison, celui qui aura su allier consécration, rendement intelligent et performance, c’est Aïssa Laidouni qui s’affirme aussi avec les Aigles de Carthage. Même si on n’oublie pas de nombreux joueurs réguliers en Europe comme Skhiri, Dräguer ou encore Abdi à Caen, nommé dans l’équipe type de Ligue 2 française, le milieu défensif international tunisien qui évolue au sein du club hongrois Ferencvaros est l’un des meilleurs expatriés de la saison, si ce n’est le meilleur. S’il joue dans un championnat peu réputé, il n’empêche qu’il présente des statistiques de jeu remarquables. Plus encore, la moisson de trophées avec le tout récent doublé glané, en plus du titre de la saison passée, prouve qu’il fait des choix de carrière mûrement réfléchis. Il a une marge de progression respectable qui peut lui ouvrir les portes des plus grands clubs européens, à condition d’enchaîner une grande saison avec son club en C1 par exemple. L’Europe lui sourit déjà puisqu’il a marqué contre le Bayer Leverkusen, il n’y pas longtemps en Europa League. Ce qui lui permettra de tutoyer le niveau d’Elyès Skhiri, pensionnaire du FC Cologne, pour constituer une paire solide au milieu, en équipe nationale à l’approche du Mondial qatari.

Des statistiques remarquables

Laidouni a disputé 27 matchs sur les 33 possibles en championnat, à une journée de la fin de la saison. Il a marqué 3 buts et délivré la bagatelle de cinq passes décisives. Il a pris 6 cartons jaunes sur l’ensemble de la saison, ce qui est prévisible pour un destructeur de jeu, une sentinelle qui ratisse large. En coupe, il a disputé 5 matchs sur 6, délivré deux passes décisives et récolté un carton jaune. Il a reçu un seul carton rouge, pour sommes d’avertissements au cours des qualifications en C1 et 3 cartons jaunes en Europa League. Ce qui prouve que c’est un joueur globalement capable de maîtriser ses nerfs sur toute la saison avec 11 cartons jaunes en 41 matchs. Des statistiques assez respectables et flatteuses qui le placent dans le onze de départ deux fois sur trois, tout en tenant compte des nombreuses échéances avec la Tunisie qui l’ont obligé à prendre place sur le banc pour souffler une fois de retour au club. Il a également disputé 9 matchs européens. Sa jeune carrière internationale, entamée le 25 mars 2021, recense 18 matchs et un but contre la Zambie en éliminatoires du Mondial 2022. Avec plus de 50 matchs durant la saison 2021-2022, il affiche des standards européens.  Le milieu central de 25 ans, dont la valeur marchande est estimée à 3 millions d’euros, est un joueur sous-coté. Pourtant, il a le potentiel pour évoluer dans un grand club. Sa prochaine participation à la Coupe du monde est une occasion pour lui à la fois de se préparer idéalement à cette échéance importante pour sa carrière, puisqu’il n’a pas fait partie de l’expédition russe en 2018, et en même temps de faire un bond qualitatif. Devenir un joueur de niveau mondial pour attirer les sirènes des grands clubs, Laidouni en a les moyens à condition d’en avoir envie. Ce qui entre dans la logique de l’évolution de carrière du joueur. Cependant, il ne devrait pas faire long feu en Hongrie (son contrat se termine le 30 juin 2023), à moins que son club se montre plus ambitieux en C1 la saison prochaine.

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