On ne peut plus accepter que pour un oui ou pour un non, on déforme la vérité, on falsifie la réalité et on détourne les pensées. Des partis politiques interprètent à leur façon et selon leurs intérêts le processus de rectification politique. Voire la renaissance démocratique non seulement initiée par le Président de la République, mais aussi et surtout celle qui répond tout particulièrement aux aspirations du peuple.

Celui qui craint la volonté du peuple n’a point de place dans l’espace public. Outre le mensonge et le déni, le plus gros problème des partis qui n’arrivent pas à accepter la règle de l’alternance au pouvoir, c’est la désunion, le sentiment de mépris envers leurs adversaires politiques et la crainte de ne plus être entendu.

Parce que certains politiques ne considèrent pas la démocratie à sa juste valeur, parce qu’ils ne font que nuire aux Tunisiens, la rectification du processus ne s’impose pas seulement aujourd’hui comme une alternative, mais surtout comme une urgence destinée à renouer avec la démocratie. Cela passera certainement par une révision constitutionnelle, mais surtout par une révolution des esprits.

Hors du temps, la décennie noire a déconsidéré les Tunisiens et les Tunisiennes beaucoup plus qu’ils n’en avaient vécu durant les 23 ans de dictature. Elle a provoqué une crise économique, sociale et politique sans précédent. Elle a réveillé le spectre de la division. Elle a disloqué les chaînes de production économique. Elle a accentué la flambée de l’inflation et la propagation de la pauvreté. Elle a généré des tensions sociales rarement connues  auparavant. Le plus grave est que cela est loin d’être terminé. La Tunisie continue à payer le lourd tribut d’une décennie fatale. Elle a certes tourné la page de l’autoritarisme et de la dictature sans toutefois rompre avec des pratiques qui,  dans la forme, ne génèrent pas les mêmes préjudices, mais au fond elles mettent à nu le bien-fondé de ceux qui prétendaient, au lendemain du 14 janvier 2011, sauver le pays.

S’en remettre au bon sens ou à la vision de ceux qui ont régné plus de 11 ans n’est plus un signe de crédibilité absolue. Et encore moins un motif d’espérance. Ce qui allait de soi depuis 2014 n’est aujourd’hui qu’un mauvais et triste souvenir.  Les Tunisiens savent désormais que ceux à qui ils avaient pourtant fait confiance les ont tout simplement dupés…

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