Entre baisse et hausse de ton, Ennahdha  joue la corde sensible. Le mouvement islamiste appelle aujourd’hui au « rétablissement de la démocratie », « à la protection des libertés et des droits de l’homme », « au respect des fondements de la République » et par conséquent « à délivrer le pays de la crise socioéconomique et de l’isolement dans lequel le coup d’Etat l’a plongé ».

Ghannouchi, ses lieutenants et ses alliés ne veulent pas comprendre, encore moins accepter, que le temps des hypnotiseurs du peuple est bien révolu. Plus de onze ans de fausse apparence, de faux-semblant, de mensonge et de leurre ne semblent pas ainsi suffire. Ils persistent et signent en qualifiant le processus démocratique du 25 juillet de démarche parachutée ayant consacré un coup d’Etat en Tunisie.

Faute de reposer sur une observation objective, la posture n’est pas de toute évidence digne. Les a priori semblent plus qu’évidents aussi bien dans les réactions que dans les prises de position. Les excès compromettent de plus en plus l’image de marque du parti. Dans le sillage d’un mouvement en perdition, on se laisse de plus en plus entraîner dans l’illusion et dans l’irréel. On oublie les remises en cause plus que jamais nécessaires. La politique de la fuite en avant dans laquelle il s’est réfugié renvoie l’image d’un parti coupé de la réalité tunisienne. Le risque d’être perçu comme défaillant ne semble plus d’ailleurs secouer les consciences. C’est avec un déficit de confiance et de crédibilité qu’il fait face aujourd’hui à une spirale négative dont les répercussions risquent de compromettre l’édifice de tout le mouvement islamiste.

Parce qu’ils ont abaissé la vocation du parti, telle qu’annoncée au lendemain du 14 janvier 2011, par des actes dont il  risque de ne plus se relever, on ne voit pas, sinon très peu, des dirigeants nahdhaouis faisant vraiment l’unanimité sur la scène politique. On ne voit pas, non plus,  surtout en l’absence d’évolution et de reconversion, comment un parti qui s’est permis tous les dépassements pourrait vraiment se ressaisir.

Ennahdha et ses dirigeants sont devenus d’ailleurs la cible des critiques les plus virulentes. Cela défie de nombreuses logiques. Surtout celles des partis politiques qui pourtant et dans un passé lointain se respectaient et savaient qu’ils ont, en dépit de toutes les contraintes, non seulement un passé, mais aussi un présent et un avenir à défendre et à protéger…

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