La région de Kairouan vit ces jours à l’heure de la récolte céréalière qui, selon le Crda, serait de l’ordre de 1 million de quintaux entre blé dur, blé tendre et orge, dont 92% proviennent des superficies irriguées.

Afin de mener à bien la campagne des moissons, les techniciens agricoles et les responsables régionaux du gouvernorat de Kairouan ont effectué des visites de contrôle dans toutes les délégations pour remédier à temps à toute forme de pénurie et pour évaluer les besoins de la région en fils à presse, dépôts de stockage et en matériel roulant. En outre, il y a eu la mise en place d’observatoires locaux composés d’agriculteurs chargés d’engager les premières interventions, en cas de déclenchement d’incendies, avant l’arrivée des agents de la Protection civile. Cela sans oublier la préparation des pistes agricoles, la lutte contre les oiseaux et le creusement et l’entretien de tranchées.

Rappelons dans ce contexte que durant cette saison agricole marquée par une assez bonne pluviométrie en automne, mais une sécheresse notable en hiver, les agriculteurs ont souffert de la pénurie de DAP et d’ammonitrate de plus en plus cher et de l’insuffisance de la main-d’œuvre.

Naceur Khalfaoui, possédant 13 hectares de céréales en irrigué à Bouhajla, a souffert du déficit de la pluviométrie durant plusieurs mois : «J’ai l’habitude de récolter 800 quintaux. Cette année, je m’attends à n’avoir que 500 quintaux… Normalement, je procède à six irrigations suivant les besoins du cycle végétatif des céréales. Cette saison, j’ai dû faire 11 irrigations à cause du manque de pluie». Et de poursuivre : «Je dépense en moyenne mille dinars par hectare pour préparer le lit de semi et pour les semailles, sachant qu’en plus j’ai dû payer mes ouvriers permanents. Côté engrais minéraux, ils deviennent de plus en plus cher à cause de la voracité de certains spéculateurs, sachant qu’un hectare exige 750 kilos de différents engrais, outre les factures d’électricité salées, les frais de labour élevés. A mon avis, il faudrait qu’il y ait plus de contrôle sur les points de vente des pesticides qui souffrent des pratiques illégales des intrus…».

Par ailleurs, la plupart des agriculteurs souhaiteraient le renforcement du gardiennage dans les zones forestières et l’arrondissement des forêts de Kairouan aurait besoin davantage de renforts en cadres techniques, en garde-forêts et en véhicules tout-terrain.

Notons pour terminer que 11 centres assureront la collecte et le stockage de la récolte, sachant que la capacité de stockage dans tout le gouvernorat est de 280.000 quintaux. Une grande quantité de la production sera acheminée vers d’autres zones de stockage.

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Charger plus par Fatma ZAGHOUANI
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