En quelques saisons, l’USM est passée d’un statut de club qui joue pour le maintien à un club qui joue les premiers rôles et qui guette les titres. D’un club relégué en L2, il y a quelques années, à un club titré (Coupe de Tunisie et supercoupe de Tunisie) et qui a encore son mot à dire en championnat. La victoire devant l’EST, même si laborieuse, est extrêmement précieuse. Elle récompense un parcours honorable depuis le début de la saison et une qualité de jeu consistante où les noms ne pèsent pas très lourd devant la solidité du groupe et le bloc homogène. Derrière cela, un F. Benzarti qui a su, surtout contre l’EST, lire le match mieux que Jaïdi, et qui a misé sur un jeu direct et harcelant qui a donné ses fruits. La recette de l’entraîneur a bien fonctionné cette fois contrairement au match aller à Radès où l’USM a refusé le jeu. Au-delà du capital points acquis par l’USM, et quel que soit l’aboutissement de son parcours en play-off, cela a été la belle révélation. Ce n’est plus ce «trouble-fête» qui n’a pas d’ambitions et qui a le complexe des quatre grands (un cliché dépassé). Au contraire, l’USM, grâce à son modèle basé sur les recrutements «low cost» et sur des étrangers de qualité et aussi pas chers, a brisé le tabou des quatre favoris. Cela rappelle d’autres clubs qui l’ont fait auparavant, mais qui ont fané et descendu si bas à l’image du ST, du SRS, de la JSK, du COT, du CAB, de l’ASM ou du CSHL qui ont gagné des titres avant de connaître des années difficiles. On aime ce que fait cette USM, on aime aussi ses joueurs au grand cœur comme Omarou, Watara, Tka, Chikhaoui, Aloui (quelle finesse dans le jeu), Jelassi, Baccar, Awolo ou Saghraoui, des joueurs pas très connus, mais qui développent un football de qualité. Ils ont réussi, avec Benzarti, à faire de l’USM une variable-clé dans le championnat. Derrière cette équipe, des dirigeants, des fans et des mécènes locaux qui ont fait de l’USM un côté rayonnant de ce championnat. Si on ajoute les performances de l’équipe de basket, on comprend vite que c’est un club ambitieux qui a des gens pour le soutenir et pour le porter vers le haut et vers le cercle des grands. Plus qu’un événement sporadique, c’est une tendance, c’est une consécration en soi.

La maturité du club monastirien est une évidence, ce n’est plus une impression. Ça fait plaisir pour ce football tunisien en chute libre depuis des années.

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Charger plus par Rafik EL HERGUEM
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