« Nous comptons environ 150 contrats ou marchés à l’échelle centrale (Dgpc), sans compter les marchés établis à l’échelle régionale réservés pour les travaux d’entretien. Plusieurs types de projets sont concernés, à savoir construction d’ouvrages, réhabilitation de routes, renforcement de routes, mise en deux fois deux voies des routes structurantes, aménagement des pistes rurales, modernisation des entrées des villes… »

Pouvez-vous nous donner un aperçu sur l’état d’avancement des projets d’équipement en cours de réalisation ?

Les investissements conséquents consacrés à l’ensemble des travaux en cours d’exécution pour le développement du réseau routier s’élèvent à 2,5 milliards de dinars. Le taux d’avancement global moyen est de l’ordre de 60% réparti sur tout le territoire tunisien. Nous comptons environ 150 contrats ou marchés à l’échelle centrale (Dgpc), sans compter les marchés établis à l’échelle régionale réservés pour les travaux d’entretien. Plusieurs types de projets sont concernés, à savoir  construction d’ouvrages, réhabilitation de routes, renforcement de routes, mise en deux fois deux voies des routes structurantes, aménagement des pistes rurales, modernisation des entrées des villes… Les principaux projets qui avancent bien sont, à titre d’exemple  : la reconstruction de la route de Korbous environ 100MD, l’aménagement de la  liaison Médenine-Tataouine (50 km), moyennant environ une enveloppe de 120 MD ainsi que la  rocade Nord Sud de Sfax (30 km- 100 MD) , le dédoublement de la voie romaine-Djerba (40 MD), la réalisation de plusieurs échangeurs dans le Grand-Tunis 400MD,  l’aménagement et le revêtement de 900 km de pistes rurales dans tous les gouvernorats (400MD). 

La pandémie du coronavirus a perturbé certainement l’avancement de la réalisation de nombreux projets, voire un arrêt complet des travaux dans certaines régions, ce qui a causé un retard important au niveau de l’avancement des travaux ?

 L’avancement des projets a été impacté par la pandémie entre 2020 et 2021. Nous avons enregistré un arrêt total pour quelques chantiers, des travaux en veilleuse pour d’autres. La reprise progressive était à la fin de l’année 2021, avec l’espoir de retrouver un rendement classique et normal.

La détérioration de l’état des routes, observée depuis des années, est-elle due au manque  de moyens financiers ?

 Il faut savoir que le réseau routier qui relève de notre ministère est celui des routes classées, soit environ 20.000km, outre les 250.000km de pistes rurales. Les routes communales appartiennent aux différentes communes, où l’entretien relève bien évidemment  des compétences de la commune d’une manière générale.

 Le programme d’entretien du ministère est varié. Le montant alloué à l’entretien, malgré qu’il a évolué ces dernières années, reste insuffisant pour toucher l’ensemble du réseau. Les conditions climatiques, surtout dans le Nord-Ouest, accélèrent la détérioration rapide des routes et obligent l’administration à réserver une grande partie des ressources financières à l’entretien.  Il est à noter que le montant annuel réservé à l’entretien est de l’ordre de 250MD.

Pouvez-vous nous donner d’amples détails sur l’apport financier des bailleurs de fonds, à l’instar de la BAD, dans l’exécution des grands projets d’infrastructure dans le pays ?

Pratiquement tous les projets de la Dgpc « hors projets d’entretien » sont réalisés avec un cofinancement sous forme de prêts avec différents bailleurs (BAD, BEI, BM, Fades, FKD..).

L’accompagnement successif  des différentes banques de développement  dans la réalisation des projets se poursuit tout le temps. Des missions de supervision sont prévues deux fois par an pour évaluer l’avancement des projets.

A titre d’exemple, nous travaillons actuellement pour lancer les travaux de deux grands projets : le grand pont de Bizerte dont le montant est estimé à 750 MD. Les contrats sont  en cours de finalisation. Le démarrage du projet (Lots 1 et 3) est prévu en juillet 2022 moyennant un financement de la  BEI et la BAD. Le second projet est celui de l’aménagement  de l’autoroute du centre Tunis-Jelma (180 km), avec un coût  estimé à 1700MD ( le financement est assuré par le Fades et la BEI). Le démarrage du premier tronçon Tunis-Kairouan est prévu au dernier trimestre 2022.

Une idée sur votre participation à la conférence internationale Fita 2022. Quelles en sont vos attentes ?

C’est une occasion pour rencontrer nos confrères africains pour bâtir ensemble une stratégie commune pour le développement de l’Afrique. Je pense qu’avec ce qu’on a comme ressources et potentiels, ce développement peut se faire entre Africains en commençant bien sûr par le développement des corridors transsahariens qui vont faciliter la mobilité entre les différents pays.

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