Lancement d’un programme multiforme à Jendouba pour la sensibilisation contre l’exploitation des enfants dans le domaine professionnel.
C’est parti, cette semaine, pour le nouveau programme baptisé «Cri» de lutte contre la traite des enfants et leur exploitation dans le domaine professionnel dans le gouvernorat de Jendouba, et ce, suite à la prolifération des fléaux de l’abandon scolaire, d’exploitation des enfants dans des activités illicites ou humiliantes, comme le trafic de drogue, la vente d’objets sans valeur ou l’emploi précaire à un âge où l’enfant devait en principe être sur les bancs de l’école.

La coordinatrice de ce programme pilote, Leila Namouchi, explique que ce programme a été instauré à Jendouba avec la collaboration de plusieurs parties impliquées dans le domaine de la protection de l’enfance, évoquant une situation devenue intenable dans ce gouvernorat qui trône en tête des régions du pays, avec Sfax, où l’exploitation des enfants est devenue manifeste. Cette situation préoccupante met en danger le secteur de l’enfance, au demeurant, menacé par de nombreuses dérives qui poussent, selon elle, à la révolte et appellent à la mise en place d’une action conjuguée pour juguler le phénomène et arrêter l’hémorragie de l’exploitation des enfants dans le domaine professionnel, notamment l’emploi des jeunes filles comme aide-ménagères, poussées en cela par les conditions sociales précaires des leurs et par l’appât du gain de certains pères de famille peu soucieux de l’avenir de leurs enfants

La société civile prend les choses en main

Le topo est sombre à Jendouba où la société civile a mis la main à la pâte pour en découdre rapidement avec le phénomène, tant il rend compte de la dégradation de la condition humaine dans cette région, celle de l’enfance en premier lieu, avec en point de mire la déroute des jeunes filles issues du milieu rural, lesquelles filles semblent, selon la coordinatrice du programme «Cri», vouées aux gémonies dans cette région et à des lendemains pavés de malheurs et d’indignation.

Mais, concrètement, que va-t-il se passer à travers le nouveau programme «Cri»? La réponse semble, à l’évidence, sauter aux yeux. Face à l’ampleur du phénomène tous les moyens deviennent bons pour le stopper avant qu’il ne dégénère en catastrophe nationale d’autant plus que le phénomène de l’abandon scolaire s’est aussi amplifié dans les gouvernorats de Siliana, Kasserine et à moindre degré au Kef et risque d’aggraver l’exploitation de l’enfance dans des activités dégradantes, y compris dans le domaine du sexe ou encore le crime organisé, surtout que les commissariats régionaux à l’éducation dans ces régions évoquent un recul de la scolarisation dans certains milieux et une hausse de l’abandon scolaire du fait de plusieurs raisons dont, entre autres, l’aggravation de la pauvreté et l’apparition du terrorisme dans les zones montagneuses et le manque de moyens de transport

«Cri» va frapper à toutes les portes pour sensibiliser tout le monde à l’importance qu’il y a de protéger nos enfants contre toute forme d’exploitation. Institutions scolaires, entreprises professionnelles, maisons des jeunes, ou de la culture et bien d’autres lieux et populations cibles sont dans le collimateur des initiateurs du projet qui entendent, à la fois, les mettre en garde contre l’exploitation des enfants et les sensibiliser à la nécessité de préserver leur santé et leur personnalité contre ces fléaux et contre tous les dérapages sociaux tant il devient urgent d’agir pour assurer aux générations futures des lendemains meilleurs, d’autant plus que l’article 32 de la convention internationale des droits de l’enfant indique que «les Etats signataires reconnaissent le droit de l’enfant d’être protégé contre l’exploitation économique et de n’être astreint à aucun travail comportant des risques ou susceptible de compromettre son éducation ou sa santé».

Jamel Taibi

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