crédit photos : © Mokhtar HMIMA
L’équipe de Tunisie reste désarmée loin de ses bases. Face au Botswana, la faiblesse de sa ligne offensive inquiète et se trouve sujette à interprétations…

L’histoire serait-elle un éternel recommencement ? Lors de sa cinquième confrontation face aux Botswanais, la Tunisie n’a pas encore réussi à performer, ni à perforer. C’est ainsi la troisième fois que les Aigles de Carthage ne marquent pas face au Botswana, et ce, après les expéditions de 2010 et 2014. Comme en 2014 d’ailleurs, la Tunisie n’a ramené qu’un résultat nul et vierge de son périple en Afrique australe. Cet adversaire «Albiceleste» continue donc de résister à la Tunisie, alors que sa production d’ensemble est, somme toute, modeste. Et après le carton infligé aux Equato-Guinéens, la Tunisie a donc marqué le pas, se montrant approximative par moments et imprécise la plupart du temps. Pourtant, à titre de comparaison, l’Algérie et le Zimbabwe l’ont récemment emporté au Botswana, un ensemble qui n’a rien d’un épouvantail.

Un onze à deux visages

D’une équipe conquérante à domicile avec une pluie de buts à la clé, l’on a amèrement retrouvé l’équipe qui n’y arrive pas du tout à l’extérieur et qui se contente au final d’un point peu flatteur. Aucun ballon de la paire d’attaque Jebali-Jaziri n’a pu faire mouche avec seulement trois tirs cadrés. Hormis une occasion en toute fin de match qui aurait pu offrir trois précieux points, l’on n’a pas senti la Tunisie capable de ramener une victoire loin de son fief. Seule éclaircie dans la grisaille, Béchir Ben Saïd qui garde ses cages inviolées pour la quatrième fois de suite, et ce, depuis l’élimination face au Burkina-Faso, lors de la dernière CAN.

Ferjani Sassi, inconstant. Achouri, à revoir

Ce faisant, devant le dernier rempart, la défense, composée de la charnière Ifa-Talbi, a passé un après-midi plutôt tranquille, excepté ce temps fort adverse, à la 25 où les nôtres se sont fait des sueurs froides. Le métier a fait le reste cependant et la Tunisie s’en est tirée à bon compte. Là, l’on note que l’association Talbi-Ifa a assuré après la combinaison Talbi-Ghandri il y a quelque temps, où là aussi, le tandem axial a fait le job. Autre point positif, Abdi, gaucher pur, a convaincu sur le flanc droit, sachant qu’Ali Mâaloul a occupé le côté opposé.

Des tauliers plutôt décevants

Plus haut maintenant, le milieu  et l’attaque ont subi cinq changements notables, sauf en ce qui concerne Aïssa Laidouni. Ce qui expliquerait peut-être l’indigence offensive et l’absence de jeu posé pour fournir au final les attaquants en situations de marquer. Sur le front d’ailleurs, Naïm Sliti n’était que l’ombre de lui-même, tout comme Mohamed Ali Ben Romdhane qui n’est pas exempt de reproches, n’arrivant pas à élever le niveau ni à apporter sa touche personnelle à l’édifice collectif. Cependant, même les remplaçants, que sont Khenissi et Mejbri, n’ont guère fait mieux. Bref, il a manqué un peu de tout à cette équipe, quelque peu inodore et incolore, face aux Botswanais. Au niveau du jeu, dans sa globalité, la domination stérile des Tunisiens qui ont eu une meilleure possession de balle avec 58% ne peut nourrir que des regrets. Le manque d’agressivité a empêché les nôtres de toucher au but. Le manque d’application aussi, dans la finition surtout, et ce, en dépit d’une circulation de balle parfois fluide entre les lignes. Maintenant, outre les enseignements techniques, il est clair que la Tunisie n’est pas un foudre de guerre en l’état et il va falloir secouer le cocotier et se réinventer pour exister à nouveau !

On dit souvent que «les absents ont toujours tort», mais les défections de Bronn, Skhiri et Khazri ne peuvent faire bénéficier la Tunisie de circonstances atténuantes. Les Aigles ont croisé le fer avec des Zèbres enthousiastes. Et même le sang neuf incorporé, ou plutôt le réservoir avec les Achouri et autre Kaïeb, n’a pas apporté aux nôtres cette vivacité tant recherchée. A la décharge de l’équipe de Tunisie toutefois : jouer moins de 72 heures plus tard, après un long déplacement, peut expliquer le manque de fraîcheur en fin de partie, mais certainement pas ce visage inoffensif proposé par une équipe supposée être coriace et compétitive à l’échelle africaine. En clair, jusque-là, la production d’ensemble laisse les fans sur leur faim.

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