Politique de l’autruche, celle de la carotte et du bâton, celle consistant à diviser pour régner, celle appelée de la poudre aux yeux, celle pouvant être résumée par un formidable «mange et      tais-toi !» et autres politiques ne pouvant engendrer que de nouveaux problèmes et de compliquer d’autres au lieu de trouver remèdes et  solutions durables. Voilà comment pourrait-on décrire et classifier les agissements des gouvernements qui se sont succédé à la barre depuis l’indépendance façade à laquelle notre pays a eu droit en 1956. Gouvernements qui ont toujours joué le rôle de caisse de résonnace pour des groupes dominants ayant confisqué  l’Etat (1956-2011) ou essayé de le faire depuis 2012 et jusqu’à nos jours.

Politiques publiques que l’on pourrait à peine qualifier ainsi tellement baclées, imposés par un pouvoir autocratique, ne se basant pas sur des diagnostics approfondis et fiables. Politiques souvent calquées sur celles d’autres pays, répondant aux besoins des catégories privilégiées, et manquant de suivi et d’évaluations fréquentes et sérieuses.Chaque gouvernement nait, en effet et en général, à la suite d’une grave crise et fait en sorte de gommer tous les acquis ou presque, lance des mesures prises à la hâte, destinées à gagner la confiance de la population et se place en tant que sauveteur du pays, pour se heurter un peu plus tard à la complexité de la situation et de sérieux  obstacles socio-culturels et organisationnels ou pratiques.    

Conséquences  directes de tout cela, la dépendance quasi-totale du pays vis-à-vis de l’étranger, des problèmes qui s’accumulent, se complexifient et des situations de plus en plus compliquées qui se transforment en  maladies chroniques ou incurables (telles que l’ignorance et la corruption) et à des conflits à ne plus en finir. Le plus grave parmi eux (maladies et conflits) est celui  du conflit de l’Etat avec la société, lequel conflit a sapé toute forme de confiance entre eux. Des promesses non tenues,  l’injustice qui règne entre catégories sociales et entre régions,l’insécurité, l’impunité, et surtout l’apparition de ce que nous avons appelé « l’anti-citoyen », avec ce qui suit comme violence, individualisme et hautes trahisons sous des formes insidieuses.  Entre autres résultats, l’installation du mal-développement avec notament la ruralisation des villes, un phénomène inquiétant de régression généralisée, de dépendance généralisée, de gaspillage des bonnes occasions,  pour aboutir  enfin à la faillite totale du pays.

Traduire, faillite morale et intellectuelle, d’abord, avec un inquiétant problème touchant l’identité nationale et une faiblesse flagrante du sentiment d’appartenance au pays donc du patriotisme. Faillite sociale ensuite, surtout au niveau de la famille et des institutions d’encadrement et de socialisation, et enfin faillite politique, économique et financière.  Aujourd’hui, et depuis le 25 juillet dernier, nous  sommes victimes, en plus de tout cela, d’un amateurisme sans égal pour ce qui est de la gestion des affaires publiques, trébuchante et frileuse, surtout dans le domaine économique, financier et diplomatique,  doublé d’un entêtement devenu légendaire.  Nous subissons en effet un pouvoir de fait qui a fait preuve d’une réelle incapacité à résoudre les problèmes auxquels est confronté le pays. Pire : une formidable capacité à rendre les problèmes encore plus complexes et plus compliqués, voire inextricables avec, en pourboire,  l’art de se mettre tout le monde sur le dos. La solution ? Faire en sorte que le sort du pays ne soit plus entre les mains d’aventuriers et autres apprentis sorciers ou de brillants élèves de Machiavel. Faire en sorte aussi que la résolution des problèmes auxquels est confronté le pays adopte la méthode participative et celles de la gestion par les résultats (Celle dite «par objectifs» ayant montré ses limites).

L’ensemble des forces vives de la nation dûment représentées doivent pouvoir tout revoir et concevoir de nouvelles politiques publiques. Il s’agit de créer un nouveau pouvoir : celui de la planification stratégique. Pouvoir exécutif  et pouvoir législatif seront chargés eux  de traduire ces politiques en programmes et plans d’action.Institution  qui sera chargée de tout remettre à l’ordre au niveau des grands choix du pays et des grandes réformes à  entreprendre,  le « Congrès national » (composé des représentants de tous les organismes nationaux élus) donnera au dialogue national une puissance délibératoire. Il sera  chargé aussi de proposer dans les plus brefs délais un plan de sauvetage du pays, l’économie en premier lieu. Pour cela il nous faudrait organiser le plus tôt possible des élections législatives et présidentielle, le pouvoir de fait doit lui aussi partir, car il a été un élément fondamental de la crise politique économique, sociale et morale qui s’est aggravée depuis début 2020.Le nouveau pouvoir (l’exécutif et le législatif)  doit  créer  «Le Congrès national» et  doit, en parallèle, déclencher  un nouveau processus de justice transitionnelle, entamer les procédures nécessaires à la réalisation d’un amendement de la Constitution de 2014 ainsi qu’à la refonte du  Code électoral. Il doit faire en sorte que le pays puisse être doté d’une Cour constitutionnelle. Aucun salut ne pourrait être envisagé, sans l’adoption dès aujourd’hui,  d’un plan national de remise à niveau de la population dans tous les domaines vitaux et un second de lutte contre l’analphabétisme politique et économique de l’écrasante majorité du peuple, appelé à s’exprimer à travers les urnes sur des questions vitales.

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