Que d’encre et de salive ont coulé pour rien, sur ces diables de distributeurs, pour avoir continuellement posé un lapin et joué de très mauvais tours à leurs utilisateurs, à court de liquidité. Aujourd’hui, l’un des distributeurs, distribuant la bienvenue et les surprises à Bizerte, a fait des siennes en «trichant» les clients cette fois-ci! Il est à craindre qu’il ne  soit pas le seul et unique à s’y prendre de cette manière si singulière! Détails.

Alors que je déambulais du côté d’Erraouabi à Bizerte pour me dégourdir les jambes après de longues heures en position assise dans mon bureau, absorbé et concentré par mes travaux rédactionnels coutumiers, je me suis trouvé, brusquement et par je ne sais quel hasard, nez à nez avec un vieux camarade de lycée. Pour une surprise, c’en est une, et pas n’importe laquelle mesdames messieurs! Ça fait un bail que je n’ai plus revu le bonhomme. Depuis le bac. Lorsque celui-ci méritait son nom et couronnait les études secondaires du bon vieux temps.

Tel Maltais et son associé!

Nous étions deux amis inséparables, «le Maltais et son associé», comme dit si bien le vieux dicton de chez nous. Le bon hasard et la providence ont voulu que nous fûmes inscrits dans la même classe, ayant traîné nos pantalons, alors charleston à la mode chez nous, tout le cycle secondaire durant (régime de sept ans). Une seule chose nous différenciait. Il était un génie en matières scientifiques et un ignare en matières littéraires. Votre humble interlocuteur était à l’inverse et aux antipodes. Cette différence faisait bigrement une parfaite complémentarité profitable à nous deux. Et était le ciment qui soudait davantage notre amitié.

Aux examens, nous collaborions harmonieusement d’une manière régulière sous la table, bravant la vigilance des examinateurs et leurs regards indiscrets. Là, bien sûr, nous ne donnions pas hélas ! le bon exemple.

Il s’agit d’un dédaignable système «D» à bannir et à déconseiller. Et leurs pratiquants sont aujourd’hui nombreux à en faire cher les frais !

«Souvenirs… souvenirs…»

A l’internat, le «Maltais et son associé» roupillaient dans le même dortoir. Ses voisins de table et de classe ont tenu à tout prix à être des voisins de lits, à la faveur d’un difficile arrangement avec un camarade solitaire, réfractaire à toute amitié.

Oh! Que de moments forts nous avions partagés, méritant plus d’un beau papier. Ces beaux souvenirs dont tout le beau monde souhaite se rappeler et revivre! Voilà que ces souvenirs ineffables m’ont laissé spontanément divaguer et marginaliser le corps du sujet que voici : après les chaleureuses accolades nous nous sommes prêtés à une passionnante balade. Dès que le bel ami, m’étant tombé du ciel, aperçut de loin un distributeur de billets, il me demanda de l’accompagner jusqu’à l’appareil pour en retirer de l’argent, étant alors obligé de faire face à des besoins pressants.

Né sous une bonne étoile

Chose faite sans hésiter, comme mon adorable compagnon semble né sous une bonne étoile, l’écran du distributeur des surprises lui souhaita la bienvenue d’usage. Ce qui n’est pas toujours évident. Le bonhomme devait taper sur le clavier, réellement quatre cents dinars, sonnants et trébuchants. Après quoi, nous avons tourné les talons. Mais, en comptant ses billets en cours de chemin, il s’est vite rendu compte qu’il avait entre les mains pas plus de trois cents dinars ! L’on a alors tôt fait de retourner à la case départ. Là, l’on a profité de la présence d’un bonhomme, s’apprêtant à effectuer un retrait pour lui demander si, pas hasard, il avait trouvé une centaine de dinars en suspens dans le distributeur ou jetée par terre.

Ni sou… ni maille !

Réponse : «Non, messieurs, désolé ! Je n’y ai trouvé ni sou, ni maille. Vous auriez, peut-être, commis une erreur de manipulation en tapant sur la touche 3 au lieu de 4. Parce que, à ma connaissance, quoi qu’on dise de ces appareils, ils ne se trompent jamais. Alors qu’on cherchait les traces des billets, curieusement évaporés, accusant “M. le vent”, le même bonhomme, demeuré perplexe et gagné, lui aussi, par la surprise, nous interpella pour nous dire qu’il venait d’être “arnaqué”, tout comme le bel ami par le distributeur des mauvaises surprises! Ceci après échange de numéros de contact entre l’un et l’autre, pour défendre en commun auprès de la banque concernée (alors fermée à l’occasion du week-end sabbatique), leur juste cause. Le bonhomme a tôt fait de nous quitter, mort de regret d’avoir eu affaire à ce diable de distributeur.

Rebelote le coup !

Quant au vieux camarade, tenant malgré tout à empocher 400D, il revint à la charge, pour réclamer la différence «avalée» par l’appareil «incriminé», c’est-à-dire cent dinars. Et, rebelote le sale coup !

Le distributeur «tricheur» persiste et signe ! Quelques instants plus tard, mon compagnon réclame cent dinars et n’en récolte que quelque soixante-dix ! Le SMS tout de suite reçu par le bel ami n’a pas été pour démentir le distributeur venant de «perdre les pédales» ! Et lui annonce que son compte vient d’être débité de quatre cents dinars !

Le hic, c’est que le monsieur ne détient aucune preuve de l’authenticité des faits. Surtout qu’il avait renoncé à la réception de tout ticket ! Demeurant à la merci du banquier. Encore un non vu et non entendu dans le pays où l’on a toujours dit et redit que «l’on aura tout vu et tout entendu !»

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