Depuis 2011, une guerre de tranchées opposait les islamo-conservateurs aux libéraux. Tout était bon à prendre pour terrasser l’adversaire. Parmi les pratiques de ceux qui se prenaient pour les élus de Dieu, jeter l’opprobre particulièrement sur les militantes démocrates. Des photos à caractère privé étaient diffusées sur la Toile. Il était de bon ton de s’offusquer des déjeuners entre amis, de l’alcool servi à table, des tenues vestimentaires. Des photo-montages abjectes circulaient sans limites, les campagnes de diffamation battaient leur plein.

A ce moment-là et encore aujourd’hui, ceux qui croient aux valeurs humaines, aux droits et libertés ont pris la défense de ces femmes, sans distinction des orientations idéologiques et des appartenances politiques, mais par principe. 

Autres temps, même ambiance. Le limogeage de la magistrate Kheira Ben Khelifa s’inscrit dans la droite lignée de ces offenses publiques faites aux femmes, en prenant pour prétexte des aspects de leur vie privée. Outre la révocation, la juge est jetée en pâture. Les justiciers autoproclamés de la morale n’hésitant pas à claironner leurs avis tranchés, divisant les gens entre modèles de vertu, eux-mêmes et leurs affidés, et les débauchés, les autres.

Cette affaire n’est pas récente, elle remonte à 2020. Pourquoi a-t-elle refait surface maintenant ? Kheira Ben Khelifa est cette femme célibataire qui a reçu chez elle un homme de sa connaissance. Il était apparemment surveillé par son épouse qui alerte la police, laquelle a été prompte, cette fois-ci, à agir et fait illico presto une descente. Kheira Ben Khelifa est soumise à un test de virginité. Pratique moyenâgeuse et dégradante, autorisée par une loi tout aussi obsolète.

La vie privée de la magistrate est déballée sur la place publique. Le fameux test de virginité, document censé être officiel, une preuve soi-disant à charge, est propagé sur les réseaux sociaux ! Une occasion pour ceux qui croient détenir le monopole des bonnes mœurs, des caïds à la petite semaine, de donner des leçons de morale, légitimer le pouvoir obscur de la délation, celui des tribunaux populaires et justifier l’injustifiable. Au pays qui se targue d’être pionnier en matière de droits des femmes, une femme est honteusement outragée, et qui plus est en vertu de la loi! 

Que dire face à autant de dérives dangereuses ? Il est de ces préceptes énoncés par des grands qui traversent l’histoire et la géographie pour parvenir jusqu’à nous, dont cette citation de Victor Hugo qui sonne comme une injonction: «Sauvons la liberté, la liberté sauve le reste».

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Un commentaire

  1. Raiani

    17/06/2022 à 17:12

    💐🍻💐

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