Ridha Chkoundali, universitaire et expert économique

« La prochaine visite de la délégation du Fonds monétaire international sur notre sol s’inscrit dans le cadre de la mise à jour périodique des données recueillies par le Fonds pour diagnostiquer la situation financière et monétaire du pays. Ce dernier procède à la mise à jour des données des pays tous les trois mois, car le fonds en a besoin  pour actualiser les prévisions économiques de chaque pays. Sa dernière visite remonte au mois de mars dernier. Le FMI sait bien que les réformes relatives au gel des salaires de la fonction publique sont irréalisables sans la bénédiction de la centrale syndicale.

Le programme de réformes récemment dévoilé par le gouvernement ne reflète aucune stratégie et ne se fonde sur aucune vision. C’est une déclaration d’intention sincère à l’égard du FMI pour l’amener à conclure un accord avec la Tunisie dans les mois qui viennent. Ce programme reflète l’ampleur de la crise financière asphyxiante dans laquelle sombre le budget de l’Etat et le besoin pressant de la Tunisie de renflouer ses caisses par des ressources étrangères en devises. Il est insensé de parler de négociations officielles avec le FMI au cours de cette année. C’est une perte de temps. Le programme du gouvernement n’est qu’une série de slogans et ne comporte aucune nouvelle approche susceptible de faire sortir le pays de sa crise. Ce programme ne comporte, en outre, aucune référence à la politique monétaire et de change. Ce qui révèle l’absence de coordination entre le gouvernement et la Banque centrale de Tunisie (BCT), sans oublier l’absence de toute référence aux entreprises citoyennes et à la réconciliation pénale. Actuellement, rien ne garantit que le prochain gouvernement s’engage à mettre en œuvre l’accord conclu avec le gouvernement de Najla Bouden, et ce, notamment à l’approche des élections législatives anticipées et la probable réussite d’un parti n’ayant pas participé au dialogue ».

Bassem Neïfer, expert financier

«Le déficit budgétaire est inquiétant, considérant qu’il peut dépasser le seuil de 20 milliards de dinars, d’ici à la fin de l’année 2022. Le déficit énergétique et celui alimentaire représentent 88% du déficit budgétaire. Il est difficile de changer la donne, et tout doit passer par la révision des politiques de l’Etat, surtout que la Tunisie importe les matières premières de plusieurs secteurs, comme ceux du textile et de l’habillement, de l’industrie mécanique et électrique… Il est impossible d’arrêter l’hémorragie de la balance commerciale en Tunisie à court terme, et il convient d’appréhender rapidement le déficit énergétique et le celui lié à l’importation des matières premières».

Sihem Boughdiri Nemsia, ministre des Finances

«Notre Etat est parvenu à rembourser 2.600 millions de dinars du principal de ses emprunts au cours des cinq derniers mois de l’année courante. L’excédent de 314 millions de dinars enregistré par le budget de l’Etat est le résultat de concours de grands efforts dans le cadre de la rationalisation des dépenses et l’amélioration de paiement. Même si le remboursement de ce montant semble laisser à espérer, il ne faut pas trop s’en féliciter, car la Tunisie doit rembourser le principal des emprunts et les charges de la dette d’ici à la fin de cette année. Ces crédits ont été signés par les gouvernements précédents et le gouvernement actuel doit les rembourser dans une logique de continuité de l’Etat. J’insiste sur la nécessité de remboursement de cette dette pour éviter à la Tunisie les pires scénarios de la restructuration de sa dette et le recours au Club de Paris. La loi de finances  prévoit que la Tunisie lève 1.400 millions de dinars pour financer ses besoins en financement à travers l’emprunt intérieur, à raison de 350 millions de dinars chaque trimestre».

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