Sur le thème de «La Tunisie face aux défis économiques des transitions écologique et énergétique», «l’Economiste Maghrébin» a tenu son 23e forum, en présence du ministre de l’Economie et de la Planification, et de décideurs économiques de premier plan.

Le Forum de «l’Economiste Maghrébin» a été tenu récemment à Tunis, en partenariat avec la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté et la délégation de l’Union européenne en Tunisie. Cette manifestation a eu pour thème cette année : «La Tunisie face aux défis économiques des transitions écologique et énergétique». L’objectif de ce forum est la transition énergétique, qui est à la fois un enjeu économique et environnemental.  En effet, la Tunisie doit tenir ses engagements pour réduire ses émissions carbones de 45% d’ici à 2030. Dans ce contexte, Samir Saïed, ministre de l’Economie et de la Planification, a révélé qu’« il faut émanciper l’investissement, l’initiative et l’entrepreneuriat. Le gouvernement s’est chargé d’introduire un plan de développement d’ici à la fin 2022. Nous devons répartir le climat des affaires en impliquant les acteurs privés».

De son côté, Alexandre Borde, CEO de Cibola Partners, a intervenu sur les enjeux en matière d’investissement et de finance verte pour les ambitions climatiques nationales.

«Green Deal européen »

Selon Borde, l’efficacité de la lutte contre le changement climatique nécessite une mobilisation internationale. C’est avec cette idée que l’expert a abordé le sujet du Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, qui s’inscrit dans le cadre du «Green Deal européen» avec un objectif fort de réduction des émissions carbones, et qui requiert une modification des stratégies climatiques dans les pays hors UE, tels que la Tunisie. Le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières entrera en vigueur dès 2023 sur les produits présentant un risque élevé de fuite de carbone, tels que le fer et l’acier, le ciment, l’engrais, l’aluminium et la production d’électricité. La Tunisie ne sera concernée que par trois des cinq produits couverts par ce mécanisme, à savoir le ciment, l’engrais et potentiellement l’électricité, car le reste n’est pas exporté à l’Union européenne.

Il est donc important pour l’économie tunisienne de fixer un prix du carbone, a souligné Alexandre Borde, pour s’intégrer à la volonté internationale de neutralité carbone, dès 2050, auquel la Tunisie doit adhérer.  Aujourd’hui, la Tunisie a une volonté de participer à cet effort international, en réduisant ses émissions de 35 MtéCO2 en 2020 à la neutralité en 2050. Cela s’est confirmé au fil du temps, avec une augmentation des émissions nettes de GES à un rythme modéré par comparaison à la croissance économique, mais cette tendance doit se poursuivre. Ces efforts doivent s’organiser autour d’une stratégie bas carbone face à l’impératif écologique. L’atteinte de la neutralité carbone à l’horizon 2050 se fera en concentrant les efforts sur ses principaux atouts : sa position géographique, ses infrastructures industrielles et ses ressources humaines jeunes et qualifiées. Le pays pourra tirer profit de ses atouts, en réunissant trois conditions favorables à trois niveaux. Tout d’abord, faciliter l’accès au financement pour un véritable changement de modèle de développement. Ensuite, renforcer ses partenariats industriels à l’échelle régionale et internationale, surtout avec l’Europe. Enfin, approfondir sa collaboration avec les autres Etats en matière de recherche et d’innovation, afin de favoriser l’innovation technologique susceptible de préparer la trajectoire de neutralité.

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