Après d’énormes efforts bien louables, le chercheur, essayiste et poète italien francophone Giovanni Dotoli, largement pressenti par ses amis, ses étudiants et ses lecteurs pour le prochain prix Nobel de littérature, a réussi à mettre au point le 7e numéro de l’importante et prestigieuse  «Revue européenne de recherches sur la poésie» qu’il a fondée depuis plusieurs années et dont  «l’axe central est l’unité de l’Europe sous le signe de la poésie, à toute époque et pour tout espace, dans une harmonie de la République européenne des lettres».

L’éditeur français de grand renom «Classiques Garnier» publie et diffuse régulièrement cette revue dirigée de main de maître par le Professeur Dotoli qui est aujourd’hui de tous les combats pour faire triompher la poésie sur la médiocrité du quotidien et l’introduire davantage dans les habitudes et pratiques culturelles de l’homme moderne, italien, français ou autre.

A ce 7e numéro particulièrement fourni et varié et qui couvre 279 pages bien pleines et bien riches, de nombreux chercheurs, quelquefois de très bonne notoriété, venant de différentes universités et de différents pays (France, Italie, Allemagne, Japon, Suisse, Roumanie, Portugal et Tunisie) ont généreusement contribué. Parmi eux figurent le président de l’Académie Mallarmé et de la Maison de Poésie, Sylvestre Clancier, et d’autres, non moins connus, comme Mario Selvaggio, Monica Venturi Delporte Amedeo Anelli, Lino Angiuli, Amina Di Munno, Concetta Cavallini, Giovanna Devincenzo, Michèle Duclos, Sakurako Inoue, Piera Mattei, Petru Santu Menozzi, Franco De Merolis, Guido Oldani, Roberto Pasanisi, Ion Pop, Antonio Rodriguez, Antoine de Rosny, Carlo Stasi, Giorgio Villani, Rainer Zaiser et votre serviteur.

Il n’y a pas dans ce numéro de thème fédérateur comme dans un collectif, mais des sujets divers traités avec une grande maîtrise et qui vont de «l’humanisme de la langue française» embrassée par des poètes de pays et d’horizons multiples, au rapport émotionnel des écrits de Gianni Rodari avec l’art, en passant par les influences du poète italien médiéval Pétrarque sur la poésie amoureuse de la Renaissance, le lyrisme dans les œuvres romanesques et autobiographiques de Jean-Jacques Rousseau, la saudade imprégnant de manière quasi obsessionnelle le travail des poètes portugais du début du XX° siècle, la dimension psychanalytique dans les analyses de la poésie du poète français du 19e siècle, Stéphane Mallarmé, la poésie en Suisse qui « valorise l’alliance des questions locales et transnationales», le poète français à cheval sur deux siècles, les 19e et 20e, André Suarès, et sa poésie issue du syncrétisme culturel et traversée par une constante inquiétude métaphysique, le symbolique langage de l’imagination dans l’œuvre poétique de la poète et critique britannique du 20e siècle Kathleen Raine, la nouvelle poésie roumaine d’après 1945 s’opposant au «purisme dit tardo-moderniste», la douleur de l’«ici» et la rêverie de l’ailleurs dans la poésie de Lionel Ray, etc.

En lecteur assidu et attentif de nouveaux livres, Giovanni Dotoli prend en charge le dernier volet de ce numéro réservé entièrement aux comptes rendus et auquel participent Mario Selvaggio, Giovanna Devincenzo et Concetta Cavallini : des ouvrages collectifs, des revues de poésie (Rimbaud Vivant, Revue Verlaine, etc.) et des livres sur les poètes y sont présentés dans un style captivant qui donne envie de les lire.

Voici donc une revue et un numéro de bonne qualité littéraire et éditoriale qui méritent la lecture.

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