AstraZeneca Proche-Orient et Maghreb a organisé, les 19 et 20 juin 2022 à Tunis, la deuxième édition de son sommet régional sur l’autonomisation des femmes ‘’Women Empowerment Summit’’, qui vise à honorer les dirigeantes et la communauté féminine dans les 12 pays arabes où le groupe est actif. A cette occasion, La Presse a rencontré Mme Leïla Mrad, Country Director chez AstraZeneca Tunisie, qui nous précise que cet événement a pu fournir aux dirigeants, aux employés et à la communauté du groupe une plateforme pour partager leurs réflexions, leurs histoires et leurs expériences, inspirant à cet égard leus collaborateurs et la prochaine génération à toujours s’efforcer de favoriser un changement positif. Entretien

Après une première édition qui s’est tenue au Liban en 2018, vous annoncez, aujourd’hui, l’organisation de cette 2e édition en Tunisie. Quel est l’objectif visé pour quelle cible ?

Alors que la première édition du sommet s’est tenue au Liban en 2018, nous sommes ravis, aujourd’hui, d’organiser cette deuxième édition en Tunisie, après une absence de quatre ans à cause de la crise sanitaire qui a envahi le monde entier. Notre sommet vise toujours à rassembler les collaborateurs de nos différents bureaux dans l’un des pays dans lesquels nous opérons.

En effet, depuis un bon moment, AstraZeneca s’est focalisé sur ses employés, particulièrement sur la population féminine, qui n’est pas seulement des femmes, mais aussi des mères, des épouses, des sœurs, des filles, des dirigeantes… Afin de regrouper toute la communauté féminine des 12 pays où le groupe est implanté, on a invité une population de plus de 380 femmes dirigeantes et responsables dans les différents secteurs à se regrouper en Tunisie qui accueille, aujourd’hui, cette deuxième édition de ‘’Women Empowerment Summit’’.

Donc, on a réuni en un seul lieu des centaines de femmes de 12 nationalités pour leur donner de la visibilité, tout en proposant une expérience différenciante et tout en mettant le doigt sur des sujets importants, à l’instar de l’égalité homme-femme, discuter le futur de la communauté féminine au sein du groupe…Le tout dans un objectif d’offrir un environnement équitable et de sécurité pour nos employés.

Mais là encore, il n’est pas inutile de rappeler que depuis des années, AstraZeneca encourage vivement cette égalité homme-femme, que ce soit à l’échelle locale ou régionale. Et dans notre région (Proche-Orient et Maghreb), nous sommes connues à travers les différentes initiatives menées par le groupe dans ce sens, étant donné qu’on ne cesse d’encourager l’intégration de la femme dans les différentes fonctions…, encourager un changement positif au niveau de l’état d’esprit pour occuper des postes de responsabilité, pour être courageuse, pour surmonter les défis de la société, que ce soit à l’échelle personnelle ou économique… sachant que l’égalité homme – femme dans ces pays est un sujet très important à aborder et la situation diffère d’un pays à un autre.

Comment expliquez-vous le choix de la Tunisie pour accueillir cette deuxième édition ?

Pour AstraZeneca, la Tunisie, dans laquelle le groupe opère depuis plus d’une quinzaine d’années, est l’un de nos marchés prioritaires de la région du Proche-Orient et d’Afrique. Et l’autre réalité qui a marqué ce pays, c’est que depuis longtemps, on a promulgué des lois à travers lesquelles les autorités et l’Etat ont montré qu’ils étaient impliqués en faveur des droits des Femmes, ce qui a permis d’établir une norme que beaucoup d’autres pays seraient avisés de suivre. Un autre élément d’une importance toute particulière et primordiale, est, qu’en Tunisie, nous sommes, aujourd’hui, une population très diverse et inclusive où pratiquement 50% de la population chez AstraZeneca Tunisie sont des femmes qui occupent des postes de gestion et de responsabilité à l’heure où nous opérons dans l’un des secteurs stratégiques, qui est le domaine pharmaceutique et médical, qui vise la recherche, qui vise à être présent partout, à être au cœur de la technologie… pour pouvoir promouvoir des médicaments innovants.

A travers la protection des droits de la Femme, on vise aussi à sécuriser un futur positif pour les prochaines générations, des jeunes qui travaillent durement, aujourd’hui, pour conquérir une certaine égalité dans les postes, dans la rémunération, à l’échelle économique et sociale, et qui défendent la femme sous ses différentes formes en renforçant sur les campagnes anti-violence, anti-harcèlement… La Tunisie est très connue dans ce contexte-là et cet événement est une grande réussite pour nous, sur le fond et la forme, avec un message positif aussi bien à l’échelle de notre pays qu’à l’échelle régionale.

Comment ce sommet apportera-t-il une valeur ajoutée à AstraZeneca ?

Il est indispensable de consolider cette dynamique de continuité pour renforcer les capacités de la femme au sein d’AstraZeneca et préparer le terrain pour les prochaines générations. En effet, outre leur responsabilité au travail, les femmes qui sont présentes aujourd’hui sont des mères, des sœurs…, qui ont d’autres responsabilités à gérer sur le plan personnel (comment elles gèrent leur quotidien, leur finance…). C’est, donc, un pouvoir d’influence positif qu’on essaie de bâtir sur cette base-là pour faire de la prochaine génération, une génération indépendante, autonome… et sur laquelle on peut compter énormément pour relever les défis qui s’imposeront.

Vous dites, donc, qu’il est indispensable de renforcer la RSE au sein du groupe ?

Absolument. AstraZeneca bâtit tout un empire autour de la responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE). Le groupe a développé plusieurs programmes en faveur de l’égalité, mais également en faveur de tous ses employés que ce soit hommes ou femmes pour se sentir plus à l’aise, pour évoluer dans des conditions de travail les plus optimales… Plusieurs initiatives ont été mises en place, à l’instar d’AZwell, qui est tout un programme pour gérer la santé mentale et physique des employés, pour leur permettre de travailler dans un environnement confortable et flexible, sans qu’il y est un niveau de pression très élevé à l’heure où on vit, toutes et tous, dans une situation de stress et de pression en permanence. Cela est encore vrai avec l’expérience Covid-19, qui a changé toutes les règles et a transformé notre société en une société beaucoup plus stressée où on travaille dans un niveau d’insécurité très élevé. Lancé depuis septembre 2021, AZwell est, donc, un programme de bien-être des employés, axé sur la santé globale de nos employés, et comment, en tant qu’ AstraZeneca, nous continuons d’identifier des solutions qui favorisent une communauté plus saine et plus empathique.

Par ailleurs, pour préserver le capital humain sur lequel on compte énormément pour atteindre nos objectifs, on a lancé aussi le SpeakUp Mailbox, un programme qui vise une communication dans un cadre confidentiel et autonome des employés qui n’ont pas cette capacité d’aller parler ou discuter directement, que ce soit avec les dirigeants ou avec les autres employés. SpeakUp Mailbox fournit donc à nos collaborateurs une plateforme de communication ouverte et transparente. Cela nous permet de leur fournir l’anonymat nécessaire lorsqu’ils discutent de questions privées et sensibles. C’est un outil qui va leur permettre de s’exprimer en toute confidentialité, de signaler — s’il y en a — des abus en interne… et en fonction de cela, on essaye de corriger et de sécuriser cet environnement de travail.

Certes, le fait d’ouvrir cette communication à une population est une autre façon d’améliorer les soft skills, mais cela permet aux employés d’avoir aussi une vision lointaine de leurs objectifs au sein d’AstraZeneca et d’être dans un environnement de travail plus sécurisé. Et donc, le programme SpeakUp Mailbox va permettre aux employés d’avoir l’égalité de l’expression qui est un volet très important.

Y a-t-il d’autres programmes pour encourager ou récompenser les meilleurs talents féminins?

A l’échelle Moyen-Orient et Afrique, il existe d’autres programmes sur lesquels on va devoir se greffer par rapport à notre région. C’est le programme de récompense ; quelles que soient les récompenses pour dire ‘’merci’’, ou même récompenser à une échelle plus large par des prix qui encouragent les employés à aller de l’avant et à se sentir valables au sein du groupe, parce qu’il ne s’agit pas seulement de faire son travail, mais aussi d’être compétitif sur le marché. Et comme nous cherchons toujours à offrir des incitations à tous nos employés pour leur travail acharné et leur dévouement, on a donc lancé des programmes, tels que nos récompenses annuelles et nos reconnaissances des réalisations commerciales. Nous introduisons toujours différents programmes pour nos collaborateurs, visant et garantissant leur bien-être.

Vous dites, donc, que vous avez préparé le terrain pour les futures générations ?

Nous opérons dans un domaine très concurrentiel et notre objectif ultime est de permettre aux employés d’être plus à l’aise dans leur environnement de travail qui se traduit par être bien rémunéré, être bien respecté au sein de la communauté et d’avoir une vision future pour se développer au sein du groupe. On prépare même cette génération pour se développer ailleurs, pour pouvoir tirer profit de son intelligence, de sa façon de faire, de développer ses moyens de communication…

Pour nous, cette génération est le cœur de la préparation de la génération future qui a beaucoup plus d’accès aux Data generating, aux technologies, à l’intelligence artificielle… Il est vrai que la rémunération de la femme dans ces secteurs s’est développée, mais on n’est pas encore arrivé à cette égalité homme–femme. Toutefois, ce problème ne concerne pas la Tunisie en particulier, c’est un problème à l’échelle internationale, à travers les différentes études qui ont été menées qui confirment que la femme est égale dans la responsabilité mais elle n’est pas égale dans les droits, dont la rémunération. Mais au niveau du groupe, on a des mécanismes qui sont très bien ciblés et qui visent clairement l’égalité homme-femme. Le fait qu’AstraZeneca ait pensé à ce détail est une fierté en soi.

Cette politique est-elle la même dans toutes les filiales du groupe et où se situe la Tunisie par rapport aux autres pays ?

Il y a toujours un travail à faire et on a besoin toujours de l’amélioration qui ne peut être effective qu’à travers la communication avec les employés en leur permettant de s’exprimer et de dire ce qu’ils pensent pour pouvoir bâtir sur des plans d’action, sur des critiques, sur ce qui dérange…

Pour la Tunisie, bien qu’il y ait encore des choses à faire et sur lesquelles il va falloir encore travailler, nous sommes bien positionnés par rapport à plusieurs autres pays. Au sein d’AstraZeneca Tunisie, nous sommes pratiquement à 52% des femmes opérant dans les différents domaines pharmaceutiques, dans les différentes aires thérapeutiques, dans des postes de gestion et de responsabilité… C’est une fierté pour AstraZeneca Tunisie. Cette dynamique a porté aujourd’hui ses fruits où on reçoit des candidatures majoritairement des femmes qui sont très performantes… Nous sommes toujours impatients de recruter davantage de femmes.

Y a-t-il un point faible pour le site Tunisie ?

Il s’agit, en fait, de points d’amélioration car il y a toujours des choses à faire en ce qui concerne la femme d’une manière générale. Pour la Tunisie, le pays a fait un très grand pas depuis des années pour sécuriser ses droits, mettre en place des lois fiables, qui peuvent mettre en sécurité la femme et les enfants…, c’est une chose qui n’existe pas dans tous les pays du monde et c’est un acquis très important. Mais aujourd’hui, il va falloir passer la vitesse supérieure pour mettre en pratique toutes les actions concrètes pour qu’elles puissent donner leurs résultats positifs… Mais, malheureusement, en Tunisie, on enregistre toujours des actes de violence à l’encontre des femmes, cette inégalité homme-femme en ce qui concerne la récompense, la rémunération, l’accès aux postes de responsabilité, de leadership… Si on ne donne pas la possibilité à la femme de s’exprimer et d’accéder à ces postes-là, on ne verra jamais les résultats de tout cela. En Tunisie, la femme est très responsable, elle est multitâches, elle essaie de satisfaire tous les besoins, que ce soit sur le plan personnel ou à l’échelle de son travail, elle est très méticuleuse… Il faut capitaliser et valoriser le capital humain féminin pour pouvoir le développer et le protéger davantage.

Quels sont vos prochains projets et existe-t-il des partenariats prévus avec le gouvernement tunisien ?

La période Covid-19 nous a appris des choses sur lesquelles nous n’avons jamais donné de l’importance. L’une des approches sur lesquelles on doit plancher, c’est la flexibilité du travail, puisque l’obligation d’être au travail de 9h00 à 17h00 n’est plus d’actualité aujourd’hui. Il faut laisser la possibilité de travailler dans des conditions plus flexibles. Une approche qu’on encourage vivement parce qu’elle donne une autre manière de gérer le temps, de gérer le stress, de pouvoir ménager un peu la situation personnelle et professionnelle et de ne pas tomber dans une dynamique négative ou un cercle vicieux d’une pression en continue, qui peut donner des effets négatifs sur le mental et sur le physique. C’est l’une des approches sur laquelle tout le monde est en train de travailler. C’est beaucoup plus rentable, surtout avec le volet confiance sur lequel on a bâti toute notre approche. Nos employés sont auto-responsables sur ce qu’ils sont en train de faire.

En ce qui concerne les projets de collaboration avec le gouvernement tunisien, on collabore toujours avec l’Etat, parce qu’on travaille dans le secteur pharmaceutique. Et donc, notre présence est une obligation et une nécessité. A l’échelle mondiale, on est présent dans plus de 100 pays à travers des thérapies innovantes dans les différents domaines des médicaments, l’oncologie, le domaine cardiovasculaire… et même dans les médicaments rares. Et donc, la collaboration avec le gouvernement est en train de se faire naturellement pour pouvoir bâtir un partenariat solide avec une vision claire pour le futur. On pense toujours à améliorer notre façon de faire car notre objectif ultime, c’est d’être un partenaire de choix sur le plan scientifique.

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