Les «Sang et Or» ont dû cravacher dur pour préserver leur titre de champions de Tunisie. Il a fallu changer d’entraîneur dans les derniers mètres, à même de marquer le but du sacre dans le temps additionnel.

Le suspense a perduré jusqu’au bout, dimanche. A Radès comme à Sfax, les jambes étaient bien sur la pelouse, mais les têtes un peu ailleurs, suivant de près l’évolution du score. Un duel à distance qui a pimenté le championnat et on n’a pas vu cela depuis des années. Le suspense était tel que certains observateurs, y compris les plus avertis, ont eu du mal à y croire. Cela dit, les faits sont là et loin des spéculations les plus douteuses, on a eu droit à une fin de championnat où le suspense a battu son plein. Alors faisons confiance aux acteurs sur le terrain et tenons-nous aux faits. L’EST a préservé, non sans difficultés, son titre de champion de Tunisie.

Les aléas de la méthode «british».

Voir Jaïdi entraîner l’équipe première de l’EST a été, ces dernières années, l’exigence d’une bonne frange des supporters «sang et or». Hamdi Meddeb a fini par exaucer ce vœu et Radhi Jaïdi a débarqué au Parc B, au début de mois d’août de l’année dernière. La méthode Jaïdi a impressionné au départ. Des entraînements tôt le matin avec des réveils à 5h00. Des supporters ont vu, en la méthode de Jaïdi, une instauration de la discipline qui a manqué jusque-là. Mais au fil des matches, la lune de miel entre le coach et le public a fini par se dissiper. Car la méthode «british» de Radhi Jaïdi a bien ses limites. Avec seulement six ans d’expérience en tant qu’entraîneur et des idées bien imprégnées de la culture anglaise, les aléas de la méthode Jaïdi se sont fait ressentir. D’abord, avec la défaite devant le CSS au mois de mars. Mais le coup de massue a été sans doute l’élimination en Ligue des champions par l’ES Sétif au stade des quarts de finale un mois plus tard. Et même si Abdelkader Badrane a causé la perte à l’équipe en Ligue des champions, le public en a voulu principalement à Radhi Jaïdi. C’est que le coaching de ce dernier a fait des fois défaut même si, sur le terrain, on ressent son empreinte. Il y a, certes, des combinaisons bien travaillées aux entraînements et un rythme de jeu à l’anglaise qui dure jusqu’au coup de sifflet final, mais ce qui a manqué à Radhi Jaïdi, c’est le choix des joueurs de qualité pouvant faire l’affaire.

Ce qui a causé aussi ses déboires, c’est aussi une certaine naïveté sur certains matches, notamment le match de la Coupe de Tunisie perdu à Msaken. Une élimination tôt, au stade des huitièmes de finale, devant un club divisionnaire. Sur ce match qui lui a coûté sa place, Radhi Jaïdi, qui a passé l’essentiel de son temps à prendre des notes, s’est comporté un peu trop à l’anglaise en continuant à jouer devant sans prendre les précautions nécessaires en défense, ce qui ne marche pas forcément à Msaken et, de surcroît, en Coupe de Tunisie.   En championnat, Jaïdi a terminé la première phase du classement leader du Groupe A avec 27 points et avec six longueurs d’avance de son dauphin sfaxien. Il a remporté 8 victoires, fait 3 matches nuls et concédé 3 défaites. Le goal-différence est tout de même intéressant. Il est de l’ordre de 13 avec 20 buts marqués contre 7 encaissés. Les choses ne se sont pas bien passées pour lui durant la phase du Play-off. Jaïdi a perdu le match qu’il ne fallait pas perdre, contre son rival, l’US Monastir. Or, s’il avait gagné ce match, il serait peut-être encore là. Radhi Jaïdi aurait pu réussir avec l’EST avec sa méthode «so biritish» mais sur deux saisons au moins et non pas seulement sur un seul exercice. Lui, qui a dit à demi-mots lors de sa présentation officielle aux médias, que l’Espérance n’avait pas les moyens de remporter la C1 africaine. Il fallait être franc à 100% et exiger dès le départ un projet sportif s’étalant sur deux saisons au moins.

Maâloul : du coaching et… de la chance aussi…

Remporter deux titres de champion la même saison et dans deux pays différents : seul Nabil Maâloul peut le faire. Après avoir remporté le championnat du Koweït à la tête du Koweït Sporting Club au mois d’avril, Maâloul est revenu en Tunisie en entraîneur libre. Il débarqua finalement au Parc B en sauveur et il a réussi son coup. Il a fait preuve d’un coaching réussi pour remporter haut la main le derby. Le chemin était donc balisé pour remporter le championnat de Tunisie. Il suffisait de faire encore un effort à Sousse. Sauf que les choses ne se sont pas passées aisément et l’EST de se contenter de tenir en échec son hôte au terme d’un match mouvementé.   Pour la dernière sortie de la saison, l’EST était censée être en roue libre devant la formation de Ben Guerdane. Sauf que les joueurs de l’USBG, le gardien Noureddine Farhati en particulier, étaient d’un autre avis. Les Sudistes ont mené la vie dure aux «Sang et Or» qui ont dû peiner jusqu’au bout et remporter le titre de champion dans le temps additionnel grâce au but, d’Elyès Chetti. Bref, la chance, qui a tourné le dos à Radhi Jaïdi, a souri à Nabil Maâloul. Le coaching de Maâloul conjugué au travail de Radhi Jaïdi a permis à l’Espérance de Tunis de remporter son 32e titre de champion de Tunisie, le 6e d’affilée.

Pour Hamdi Meddeb, l’arrivée de Nabil Maâloul lui a permis de sauver la saison. Pour remporter de nouveau la Champions League, il faudra, d’abord, faire le grand ménage et revoir sérieusement la stratégie de travail, notamment au niveau du recrutement, mais aussi la formation des jeunes.

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