Au regard de l’instabilité politique qui a prévalu depuis des années, des difficultés économiques qui se sont aggravées, de la détérioration de l’environnement des affaires et du climat social, le gouvernement devra impérativement donner, au cours de la prochaine période, un signal fort à l’effet de restaurer la confiance, remettre l’économie sur les rails, capter l’intérêt des investisseurs et redonner espoir aux Tunisiens, lassés par un manque de visibilité bloquant.

Il s’avère nécessaire aujourd’hui de créer un écosystème harmonisé en vue d’encourager et de garantir l’efficience de l’acte d’investissement en tant que locomotive de l’économie nationale. L’exécutif parie aujourd’hui sur un investissement productif et bénéfique qui se caractérise par la flexibilité et la pérennité sur fond d’un climat mondial marqué par des changements stratégiques et des perturbations internationales, d’où le changement de beaucoup de concepts, de défis et d’enjeux misant sur la sécurité énergétique, l’économie circulaire et la sécurité alimentaire.

En dépit des réalisations, «les indicateurs d’investissements sont toujours en deçà des capacités dont dispose la Tunisie et de ses aspirations», a souligné la Cheffe du gouvernement, Najla Bouden à l’ouverture de la 20e édition du Forum de l’investissement (TIF) tenue les 23 et 24 juin dernier. Cette situation est due aux difficultés de la période de transition, au retard accusé dans la mise en œuvre des réformes nécessaires, outre la complexité des procédures administratives, la difficulté d’accès au financement, la faiblesse de l’efficience logistique, en plus de l’instabilité du système fiscal et la non-conformité des législations de change par rapport aux évolutions économiques et financières mondiales. Au-delà de ces difficultés, le gouvernement actuel a pris des mesures visant à rétablir la confiance des acteurs économiques, à préserver le tissu institutionnel et à développer le climat des affaires. Parmi ces mesures figurent le renforcement des liquidités des institutions financières et la facilitation de l’accès au financement pour maintenir les activités et les emplois, la redynamisation de l’investissement via l’adoption de mesures spécifiques pour booster l’investissement privé, notamment en ce qui concerne les startup et les énergies renouvelables.

D’un autre côté, le ministère des Finances prévoit la mise en place d’une série de mesures inscrites dans le cadre du projet de réforme fiscale. «La fiscalité est, certes, un élément fondamental sur la voie de l’amélioration du climat des affaires, mais elle n’est pas l’unique facteur sur lequel il faut agir. L’amélioration du climat des affaires sera le résultat des réformes à engager sur tous les plans», précise Sihem Boughdiri, ministre des Finances.

Les pistes de réforme

Face à l’ampleur des chantiers à engager pour redresser l’économie et relancer l’investissement, «le plus grand challenge qui se présente aujourd’hui à la Tunisie est celui de l’exécution des réformes identifiées», souligne le ministre de l’Economie et de la Planification, Samir Saïed.

Le ministre a rappelé que 223 pistes de réformes ont été identifiées dans le cadre d’un dialogue public-privé,  tenu récemment sur les meilleurs moyens d’accélérer l’investissement. Parmi ces réformes, une liste de 43 mesures d’urgence économique a été arrêtée et son entrée en exécution est prévue pour le 1er juillet 2022. Parmi ces mesures : la suppression de 25 autorisations de l’investissement, l’amélioration des services du port de Radès, la réforme de la réglementation de change, la mobilisation de lignes de financement pour les PME, l’adoption de nouveaux pactes de compétitivité sectoriels, la prise en charge par l’Etat de 50% des primes d’assurance à l’export vers l’Afrique. S’agissant de la réglementation de change, il a fait savoir qu’un premier draft du nouveau code sera prêt au cours du mois de juillet 2022 et examiné par les parties prenantes, à savoir la Banque centrale de Tunisie (BCT) et les autorités concernées. Selon les statistiques, le taux de l’investissement extérieur est passé de 2,2% du PIB en 2017 à 1,3% actuellement, mais certaines prémices de reprise, quoique insuffisantes, ont été constatées durant les 5 premiers mois de 2022.

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