Le président de l’Association des magistrats tunisiens, Anas Hamadi, affirme que la coordination des structures judiciaires se réunira à la fin de cette semaine et agira favorablement à la demande du secrétaire général de l’Ugtt pour la levée de la grève.

Noureddine Taboubi, SG de l’Ugtt, a appelé les magistrats qui observent actuellement une grève, en guise de protestation contre la révocation de 57 magistrats par le Président de la République, à reprendre le travail à partir de lundi prochain.

De son coté, le membre de la coordination des structures judiciaires et président de l’Association des magistrats tunisiens, Anas Hamadi, s’est engagé à répondre favorablement à cet appel. Lors d’une rencontre au club des magistrats à La Soukra entre des représentants des différentes structures syndicales et de la société civile, dont notamment des présidents d’organisations nationales, du Forum tunisien des droits économiques et sociaux, du Syndicat des journalistes tunisiens et de l’Association tunisienne des femmes démocrates, Taboubi a réitéré le soutien de la centrale syndicale aux magistrats pour leur militantisme en faveur de la défense du pouvoir judiciaire.

Taboubi a aussi appelé les magistrats révoqués qui mènent depuis quelques jours une grève de la faim, à suspendre cette grève et à adopter d’autres formes de protestation afin d’éviter la détérioration de leur état de santé et d’assurer leur présence au sein de leur famille. Le secrétaire général de l’Ugtt a appelé le tribunal administratif à accélérer l’examen des recours déposés contre la révocation des magistrats, précisant que les solutions à cette crise résident dans la révision de la décision de révocation afin de préserver le prestige de la magistrature et les droits des magistrats à la présomption d’innocence.

Il a, par la même occasion, appelé le pouvoir exécutif à mettre le dossier de la magistrature à l’écart de ce qu’il qualifie de «règlements de comptes et de procès facebookiens», estimant que l’exécutif avait contribué, de manière directe ou indirecte, à la détérioration de ce secteur.

Taboubi a rappelé que le Conseil supérieur provisoire de la magistrature mis en place en vertu d’un décret présidentiel n’a examiné que 7 dossiers de magistrats parmi la liste des 57 magistrats révoqués.

Le président de l’Association des magistrats tunisiens, Anas Hamadi, a pour sa part affirmé que la coordination des structures judiciaires se réunira à la fin de cette semaine et agira favorablement à la demande du secrétaire général de l’Ugtt pour la levée de la grève.

Il a indiqué que plusieurs décisions seront prises au cours de cette réunion concernant les formes de protestation à mener prochainement.

«La coordination des structures judiciaires est contre la corruption sous toutes ses formes et ne s’oppose pas à la reddition des comptes», a-t-il signalé, expliquant que le mécanisme de révocation n’est que le résultat d’informations et de rapports policiers.

«Nous militons en faveur de la protection de la justice contre la mainmise de l’exécutif et plaidons pour la séparation des pouvoirs», a-t-il ajouté.

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