J’ai, à plusieurs reprises, interviewé Jaques Pérez depuis les années 90, mais jamais encore dans ses propos, il ne s’était livré avec autant d’épanchement sur son enfance, sa mère et son incroyable roman familial que dans ce dernier entretien que j’ai eu avec lui. Je suis allée le voir dans sa maison à El-Hafsia en ce mois d’octobre 2021, avec des questions sur son travail, son art, ses photos à l’occasion de cette exposition qui lui était dédiée au Palais Kheireddine «Souvenirs d’avant l’oubli», titre prémonitoire trouvé par le commissaire Hamideddine Bouali, grand ami de Jacques. Mais il n’avait fait que détourner mes questions pour se raconter, lui, comme s’il voulait nous confier ses souvenirs…d’avant l’oubli. A 90 ans pourtant et une chaise roulante pour se déplacer, Jaques, à la mémoire étonnamment intacte, n’avait point mêlé aux réminiscences de son passé de la nostalgie, des regrets, des relents de tristesse. Au contraire ! C’est l’humour et une profonde légèreté de ton qui ponctuaient ses propos. Il avait ressuscité de nouveau toutes ces anecdotes délicieuses et surprenantes qui ont marqué sa vie d’artiste aimant montrer ses photos jusque dans le fin fond du Sud tunisien. Et même si Jacques Pérez a sillonné le monde, armé d’un objectif, de plus en plus discret au fil des ans, il n’a jamais exposé que des images de sa Tunisie. Une fidélité à la terre de ses ancêtres, qui fait de lui un monument vivant de la photo tunisienne. L’interview a duré plus de deux heures : on ne se lasse pas d’écouter Jacques Pérez et son amour pour la Tunisie et pour son peuple. Comme on ne se lasse pas de revisiter ses clichés, qui nous ressemblent et nous rassemblent.

Grand Jaques, tu nous manques déjà !    

L’oubli ne t’atteindra pas !

*Découvrez la dernière interview avec Jacques Perez accordée à notre journal en octobre 2021 sur le site de lapresse.tn/culture 

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