En pleine saison estivale, la Ville de Sfax est toujours envahie par des amas d’ordures ménagères. Quand passerons-nous à l’action et débarrasserons-nous, une bonne fois pour toutes, de ces calamités ?


Après plus de neuf mois, la crise des déchets ménagers est loin d’être achevée dans la Ville de Sfax, ensevelie, aujourd’hui, sous des tonnes d’ordures. Certes, la situation n’est pas nouvelle, mais elle risque, aujourd’hui, de se poser avec encore plus d’acuité, alors que nous sommes en pleine saison estivale et à l’heure où la ville est devenue une décharge à ciel ouvert. Face à ce constat, la Faculté de droit de Sfax a récemment organisé une rencontre sur le secteur des déchets municipaux dans la région de Sfax, afin de lancer un appel, le énième déjà, aux autorités concernées pour passer immédiatement à l’action et sauver la ville.

Reproposer une stratégie…

Khalil Fendri, doyen de la Faculté de droit de Sfax, n’a pas manqué de rappeler que la ville fait face à une situation chaotique, très confuse et agitée, étant donné que, depuis des mois, on est en peine de trouver une solution à la crise des déchets solides et assimilés.

«Aujourd’hui, Sfax souffre d’une crise environnementale très grave et ça fait déjà plus de neuf mois que les habitants de la ville endurent cette situation, faute de trouver une solution, une vraie, pour mettre un terme à cette catastrophe environnementale, ce qui aura des répercussions néfastes sur leur santé, sur l’environnement… A maintes reprises, on a essayé de trouver des solutions avec les responsables —d’abord avec les différents ministères et puis avec les collectivités locales ainsi que la société civile— pour mettre fin à cette situation. Mais toutes les promesses sont restées au stade de… promesses. C’est dans ce cadre qu’on a organisé cette journée afin d’impliquer toutes les personnes concernées, directement ou indirectement, qui pourraient collaborer avec nous et qui pourraient participer à la recherche de solutions pour préserver l’environnement et sauver la ville…

Aujourd’hui, notre objectif, c’est de reproposer une stratégie pour une gestion efficace des déchets solides et présenter de nouveaux plans d’action afin d’accélérer sa mise en place… Mais une nouvelle stratégie nécessite aussi de nouvelles perspectives, de nouvelles démarches, de nouvelles méthodes…, pour pouvoir optimiser le service de la collecte des déchets à partir de la détermination des personnes responsables et à travers de nouvelles méthodes à adopter pour trouver les meilleures solutions en impliquant des chercheurs, des responsables, des universitaires…», a-t-il précisé.

La valorisation, un objectif loin d’être atteint

Outre le fait que les autorités ne sont pas parvenues à sauver la Ville de Sfax, qui croule depuis près d’un an sous des tonnes d’ordures ménagères, on est toujours incapable de mettre en place les bonnes pratiques pour la valorisation de ces déchets. Même au niveau de dépotage central et au niveau des autorités locales, on n’est pas parvenu à ce stade et beaucoup reste à faire pour qu’on puisse accélérer ce processus.

«Pour pouvoir réussir ce défi, avec en main une stratégie et une gestion efficaces, on doit tout d’abord impliquer toutes les personnes concernées, à commencer par les citoyens eux-mêmes et les ménages… pour arriver au sommet, c’est-à-dire le pouvoir central. Pour ce faire, il faut sensibiliser davantage les citoyens à travers la multiplication des campagnes de sensibilisation pour préserver leur environnement. Au niveau des décideurs, on doit commencer par les décideurs locaux pour parvenir à une gestion meilleure du service local de la collecte et de transfert des déchets ménagers. Au niveau de l’Anged (Agence nationale de gestion des déchets), c’est de savoir comment aller vers les nouvelles technologies pour une gestion meilleure des déchets ménagers, le tout sans oublier l’effort de la société civile dans ce combat au niveau de la sensibilisation, la recherche de solutions faisables et réalisables… mais aussi à travers la recherche de coopérations internationales pour le financement de ce projet et de cette nouvelle stratégie. Et donc, on a besoin de financements et surtout d’une volonté politique pour concrétiser ce projet car, qu’on le veuille ou non, c’est une question de détermination», a-t-il encore souligné.

Charger plus d'articles
Charger plus par Meriem KHDIMALLAH
Charger plus dans à la une

Laisser un commentaire