Qu’ils rêvent de fuir le tumulte ou souhaitent prendre le temps de souffler, de partir se diluer dans la vapeur parfumée d’un spa, de se bronzer sur des plages au sable fin, de respirer à pleins poumons l’air pur de la Kroumirie, tout en veillant aux rythmes de ses festivals, les Algériens, nos voisins de toujours, répondent sans hésitation à l’appel de la destination Tunisie. Après une fermeture de plus de deux années, les frontières seront rouvertes aujourd’hui entre les deux pays.

Il est évident que l’endroit le plus convoité par les estivants algériens est bel et bien la Tunisie. Ce pays a, indéniablement, gagné le cœur des touristes de ce pays frère qui, depuis des années, le préfèrent à d’autres destinations pour y passer leurs vacances. En effet, les Algériens sont manifestement tombés sous le charme des plages et des complexes touristiques tunisiens.

Le nombre de touristes algériens qui choisissent cette destination pour leurs vacances ne cesse d’augmenter, passant de 811.000 estivants en 2003 à 914.000 en 2004 et 930.000 en 2005. En 2019, sur 1,8 million d’Algériens qui se sont rendus à l’étranger, 57% ont choisi la Tunisie. C’est une croissance à deux chiffres enregistrée.  Les Algériens se rendent en Tunisie individuellement ou en famille (composée de six personnes en moyenne et dont les dépenses sont estimées entre 2.000 et 2.500 euros). La durée d’un séjour moyen est de 10 à 15 jours.

Fait nouveau: de plus en plus de jeunes couples choisissent de passer leur voyage de noces en Tunisie. Nabeul, Hammamet et Sousse sont en passe de devenir les villes de prédilection des tourtereaux algériens. Mais la particularité des touristes algériens réside dans leur régularité. Ceux-ci, réputés être assez dépensiers, participent surtout à faire tourner la machine touristique tunisienne.

On veille au grain

Cette réouverture vient en application de la décision prise en commun par le Président de la République, Kaïs Saïed, et son homologue algérien, Abdelmadjid Tebboune.  La réouverture des frontières aux voyageurs à compter du 15 juillet, concernera neuf (9) postes frontaliers qui existent entre les deux pays, ce qui permettra aux citoyens des deux pays de diversifier leurs choix des postes durant leur déplacement pour entrer ou quitter le pays afin d’éviter un éventuel rush sur l’un des postes au détriment des autres.

A cet effet, les deux parties ont convenu d’une coordination conjointe portant sur beaucoup de points et de détails visant à garantir un bon accueil et une bonne prise en charge des citoyens depuis leur arrivée aux postes frontaliers terrestres lors de l’entrée jusqu’à leur retour et leur sortie de ces postes et ce afin que les familles tunisiennes qui entrent en Algérie et les familles algériennes qui entrent en Tunisie soient satisfaites.

Dans ce sens, toutes les conditions seront offertes pour assurer la quiétude et le repos des citoyens durant leur déplacement vers les deux pays et tous les moyens matériels et humains ont été renforcés afin de garantir l’accueil des citoyens 24h/24 dans les meilleures conditions.

Il n’empêche, si de part et d’autre, la lutte contre la contrebande demeure au centre des intérêts que des deux pays, «aucune tolérance ne sera admise envers ce phénomène qui ronge l’économie des deux pays», comme l’a souligné le ministre de l’Intérieur algérien. Les autorités tunisiennes «œuvreraient pour leur part à lever toutes les entraves devant les Algériens durant leurs vacances sur le territoire tunisien», selon les propos de Taoufik Charefeddine, ministre de l’Intérieur.

Il est à noter que l’ouverture de tous les postes frontaliers simultanément vise à éviter les tracas que causent les grands flux au passage aux frontières qui demeurent un trou noir pour les Algériens. C’est un problème très important qui gêne le flux vers la Tunisie. Car les Algériens sont très sensibles à l’accueil qu’on leur réserve aux frontières.

Cependant, l’on est en droit d’affirmer que si l’on veut assurer un réel décollage du tourisme à l’échelle des deux pays, la conjugaison des efforts est indispensable. Sur le même plan, la qualité des infrastructures est une autre anomalie de taille qui vient altérer l’image du produit touristique tunisien. Enfin, le marché algérien est promis à un bel avenir si l’on en juge par les récentes prévisions de l’Organisation mondiale du tourisme qui tablent sur un rythme de croissance annuel supérieur à 4% pour la prochaine décennie et placent la Tunisie comme destination de choix en Afrique et dans le monde arabe. Dans ce contexte encourageant, chacun à son niveau doit agir pour que la prise de conscience du rôle économique essentiel du tourisme se fasse au niveau personnel, régional et national. Il faut savoir sensibiliser tous les intervenants et  faire valoir les intérêts du tourisme. C’est un combat qui se poursuit au plan régional et l’avenir  donnera raison à cette  stratégie d’excellence et de diversification engagée par la Tunisie.

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