On a trop polémiqué à propos des résultats des examens nationaux. Le Bac, en particulier, a retenu l’attention. Ce sont, surtout, les écarts entre les régions autour desquels se focalisent, toujours, les débats. C’est, à peu près, les mêmes constatations qui sont faites et qui concernent les mêmes zones.

Selon les statistiques officielles du ministère de l’Education, le classement général des Commissariats régionaux à l’éducation c’est, toujours, Sfax (CRE 1 et 2) qui se place  en tête, suivie de Monastir avec des taux de réussite définitifs dans les deux sessions dépassant les 70 %.

Des ONG indésirables 

En queue de peloton, nous retrouvons les mêmes CRE. Avec, toutefois, des variations. En effet, Kairouan a dégringolé de la 19e place à la 23e, tandis que Kasserine a reculé de 4 postes, passant de la 20e à la  24e place. De son côté, Jendouba s’est hissée de la 26e à la 25e place.

De telles remarques sont de nature à renforcer notre conviction qu’il reste beaucoup à faire pour aider les gouvernorats en difficulté à affronter efficacement les obstacles qui se dressent devant eux. Et, ce n’est pas à force de jérémiades et en laissant couler des larmes de crocodile que l’on pourra dépasser les problèmes. C’est, malheureusement, ce que font beaucoup d’associations dites de la société civile. En vérité, ces nombreuses organisations ne font que profiter de la misère des autres pour obtenir les euros, les dollars et les pétrodollars des pays étrangers qui les  financent. Ces ONG  nous montrent, chaque jour, que l’origine de leur financement est suspecte. Dans des occasions, on les voit déplorer la situation économique et sociale dans des zones qu’elles qualifient de “marginalisées” ou de “laissées-pour-compte”. On les voit, aussi, se complaire à faire le décompte macabre des suicidés dans chacune de ces zones qu’elles contribuent à marginaliser encore plus. Pour ce faire, elles ne laissent échapper aucune occasion pour soutenir ce qu’elles appellent les “droits sociaux’’ et encourager les mouvements d’obstruction des routes et des lieux de travail. Comme les charognards qui rodent autour des lieux où il y a l’odeur de la mort.

Paradoxalement, elles sont toujours présentes dans les catastrophes sans jamais répondre présent lorsqu’il s’agit de mettre la main à la pâte. Cela résume bien leur mission ou plutôt la mission dont elles sont chargées par leurs maîtres étrangers ou locaux. Heureusement, le Tunisien est, de plus en plus, conscient du véritable travail de sape entrepris par ces organisations. Il a compris que des zones comme Kasserine, Sidi Bouzid et Gafsa leur servent de plateformes pour réaliser leur programme visant à freiner tous les efforts de développement. Elles cherchent, vraiment, à approfondir les écarts entre ces zones et le reste du pays. C’est, pour elles, le meilleur moyen d’agir et de disposer d’un vivier qu’elles pourront manipuler et instrumentaliser.

Que proposent-elles, aujourd’hui, pour aider ces zones qu’elles “défendent” : rien !! Or, on attendrait d’elles, au moins, des études pratiques capables d’apporter des réponses immédiates aux difficultés qu’elles ne cessent de dénoncer à longueur de journée. Leurs soi-disant experts ne font que des diagnostics et dressent des tableaux noirs sur n’importe quelle situation économique ou sociale.

Zones responsables 

Il nous semble qu’il est temps pour ces corbeaux d’arrêter de croasser et de passer à l’action au lieu de se réunir à chaque occasion dans des hôtels luxueux pour débattre de la misère du peuple. Ce peuple, doivent-ils savoir, ne les a jamais mandatés pour parler en son nom.

D’ailleurs, c’est ce peuple qui est seul capable de se prendre en main sans donner carte blanche à ces profiteurs. Aussi,  doit-on se fier aux structures officielles afin de pouvoir réaliser les objectifs assignés tout en fermant la voie devant ces opportunistes. La question des résultats scolaires ne doit pas être un prétexte aux uns et aux autres pour marquer des points et dénigrer les efforts de ceux qui cherchent sincèrement à aller de l’avant. Si les écarts entre les régions au niveau des résultats du Bac sont significatifs, c’est qu’ils révèlent non ce qu’on appelle une politique délibérée de  marginalisation de la part des différents gouvernements, mais une stratégie visant à maintenir un statu-quo, voire à creuser davantage le fossé pour disposer d’un espace géographique “chaud” auquel ces manipulateurs pourraient recourir à tout moment. Pourtant,  sans trop vouloir impliquer ceux qui n’ont rien à voir dans l’affaire, il y a mille et une façons de trouver une issue pour réduire les écarts constatés. Le ministère de l’Education dispose d’un véritable tableau de bord lui permettant de connaître les moindres détails et de détecter les plus infimes défaillances. Toutes les statistiques qu’il réalise lui donnent les réponses à toutes les questions et lui offrent les moyens d’apporter les remédiations nécessaires. Il est possible, actuellement, de savoir au centième près le rendement de chaque CRE ou de chaque établissement.

Il reste à exploiter méthodiquement ces données par des staffs appropriés au niveau de chaque CRE et au niveau central. En outre, d’autres mesures plus radicales seraient à envisager. L’actuelle répartition des régions en 26 Commissariats régionaux à l’éducation  peut être revue sous un autre angle en vue de leur attribuer une mission plus ciblée. Parmi les CRE les mieux classés au niveau national, on en choisirait les cinq ou huit premiers pour épauler des CRE moins performants se situant dans leur voisinage géographique. Un travail en commun est vivement conseillé sous la supervision des experts et des pédagogues attitrés. Ce parrainage ou cette prise en charge seraient susceptibles de créer un effet d’entraînement. Des équipes seraient alors chargées d’esquisser les grandes lignes d’un vrai programme de redressement et de remise à niveau. En plus de ce travail de réajustement et de restructuration, il y a lieu de noter le statut de certains enseignants dans les zones de passage. C’est là où on a le plus d’enseignants qui ne restent que quelques années, ce qui ne favorise pas un rendement pédagogique stable. Ceci n’empêche pas que, dans ces zones, on a pu enregistrer de bons résultats au concours d’admission dans les collèges pilotes. C’est ainsi que la meilleure moyenne au niveau national est détenue par Gafsa (19.20/20). Mais on trouve aussi de très bonnes moyennes enregistrées par des écoliers appartenant à des établissements des zones dites “défavorisées”. 

En gros, c’est la situation instable des corps enseignants qui pourrait avoir un impact sur les résultats peu brillants dans certains gouvernorats. Ceci sans parler du nécessaire renforcement du corps des inspecteurs et des visites d’inspection et d’encadrement pédagogique. Idem pour les programmes de formation continue et de recyclage en faveur des enseignants. Il faudrait remarquer, également, que le niveau des élèves commence à se dégrader lors du passage du primaire aux collèges et aux lycées. Le taux élevé de décrochage scolaire en 7e année de base (près de 10% au cours de la saison scolaire 2019-2020) en est l’illustration la plus parlante. D’où l’idée de chercher les raisons profondes de ce choc subi par les nouveaux collégiens ou lycéens. 

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