17 médias publics et privés dont 6 chaînes tv et 11 radios, déjà mises sous la loupe de la Haica, ont failli à leur mission, transgressant les règles spécifiques à la couverture de la campagne liée au référendum du 25 juillet.

Six jours avant le scrutin du 25 juillet, la campagne référendaire portant sur le projet de constitution bat son plein, bien qu’elle ne soit pas bien médiatisée. De même, les propos pour ou contre ne sont guère savamment dosés. La Haica, haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle, veille au grain, ne laissant, semble-t-il, rien échapper.

Hier, lors d’une conférence de presse à Tunis, son président, Nouri Lajmi, accompagné des membres du staff régulateur, a présenté aux journalistes le rapport du monitoring de la couverture médiatique de la campagne référendaire dans sa première semaine, soit du 3 au 9 de ce mois. Avec un bilan jugé pas assez satisfaisant. D’autant plus que les médias n’ont pas joué le rôle qui leur revient. Soit 17 médias publics et privés dont 6 chaînes tv et 11 radios, déjà mises sous la loupe de la Haica, ont failli à leur mission, transgressant les règles spécifiques à la couverture de la campagne relative au référendum constitutionnel du 25 juillet, ainsi révèlent les résultats du monitoring. « Contrairement aux échéances passées, cette campagne a manqué d’enthousiasme médiatique », commente M. Lajmi. A l’exception de la Nationale 1 et d’Hannibal tv, lesquelles ont pu sauver la face. Toutes deux ont, quand même, répondu à l’appel, réservant un temps d’antenne et de parole aux opposants et adhérents au projet de constitution objet du référendum. Au total, tous médias confondus, 54 h, 8 mn et quelques secondes ont été précisément  réservées, afin de dire les quatre vérités sur le contenu d’un projet de constitution doublement rédigé. Car la version de Saïed telle que publiée au Jort n’est pas celle élaborée par la commission consultative de Belaïd.

Un non-respect des normes

A ce propos, il y a toujours des pour et des contre. Cela étant, à raison de 58% du temps d’antenne dédiés aux opposants et 42% aux camps des adhérents. Là aussi, il y a de quoi pointer certains médias qui n’ont pas fait preuve d’impartialité à l’égard des participants en lice. Sauf que la Nationale 1 et Hannibal tv ont, encore une fois, prouvé un certain engagement dans le respect des normes de couverture en vigueur. Celles énoncées par la décision commune signée entre l’Isie et la Haica, deux jours avant le lancement de la campagne en question. Au sens de son article 19, les médias sont appelés à respecter les principes du pluralisme, de la diversité et de l’égalité, afin de garantir aux différentes sensibilités intellectuelles et politiques le droit d’accès aux médias. Et partant, la radio nationale, ainsi que les deux radios privées Diwan fm  et Ibtissama fm ont dû se conformer à la règle. Et ce contrairement aux radios publiques du Kef et de Monastir et quatre autres privées (Mosaïque fm, Shems fm, Express fm et Radio Med) qui avaient doublé le temps réservé aux opposants au détriment des adhérents du projet de constitution. Sur leurs plateaux, les soi-disant chroniqueurs ont ouvertement pris parti.

Outre la campagne référendaire elle-même, la couverture médiatique a également porté sur des articles et thématiques y relatifs. Et le débat fut, alors, instauré sur les deux versions du projet de constitution, les chapitres afférents aux pouvoirs-fonctions exécutif et législatif, ainsi que les articles sur l’identité de l’Etat, les droits et les libertés, et bien d’autres sujets. En un mot, la première semaine de la campagne n’a pas été en mesure de bien servir l’opinion publique et reconnaître son droit à l’information. Toutefois, Mme Radhia Saidi, membre de la Haica, a souligné que le reste de la campagne serait de bon augure. Et tout va s’améliorer peu à peu, conclut-elle sur une note positive.

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