La décision de la réouverture des frontières tuniso-algérienne le 15 juillet dernier, prise communément  à l’issue de la visite du Président de la République Kaïs Saïed en Algérie pour assister aux festivités commémoratives du 60e anniversaire de l’indépendance, a vite boosté les réservations des Algériens, désireux de passer leurs vacances en Tunisie.  Les frontières entre l’Algérie et la Tunisie ont été fermées, depuis 2020, à cause de la pandémie Covid-19, impactant ainsi le tourisme en Tunisie, sachant que le nombre de touristes qui passent leurs vacances en Tunisie a atteint les 3 millions avant la crise sanitaire et où les frontières algéro-tunisiennes étaient ouvertes seulement au mouvement de transport des marchandises.

Les professionnels du secteur du tourisme peuvent pousser un grand ouf de soulagement. Après la fermeture de presque trois ans des frontières avec l’Algérie, la Tunisie a vu son tourisme péricliter, d’autant, qu’en pareille saison, ce sont des centaines de milliers de familles algériennes qui entrent en Tunisie, accaparant environ 9% du marché de réservations dans les hôtels en Tunisie et près du quart des recettes saisonnières. Les opérateurs tunisiens ont salué cette décision et mis les bouchées doubles pour assurer les meilleures conditions d’accueil des touristes algériens. Le président de la Fédération tunisienne des agences de voyages et de tourisme (FTAV), Ahmed Bettaieb, a qualifié la réouverture des frontières de «véritable délivrance pour le secteur touristique et pour toutes les activités touristiques». Selon lui, le nombre des réservations a considérablement augmenté, «notamment à Sousse,Tabarka et Hammamet». Ceci, bien que «le tourisme ne se limite pas seulement aux hôtels», puisque nombreux sont les Algériens qui optent pour d’autres formules de séjour en Tunisie. D’ailleurs, dans plusieurs régions du pays, les Tunisiens commencent à aménager leurs maisons destinées à la location surtout que les Algériens sont parmi les premiers clients qui optent pour cette formule.

Le grand rush

Vendredi dernier, c’était le grand rush des touristes algériens vers la Tunisie. Les Tunisiens (professionnels, hôteliers et citoyens…) ont été satisfaits des flux importants des Algériens dès le premier jour de la réouverture des frontières. Faut-il rappeler que «neuf passages terrestres» entre l’Algérie et la Tunisie seront ouverts aux passagers. Une mesure prise afin de ne pas créer un encombrement au même poste-frontière.

Soucieuse de récupérer une clientèle fidèle qui se compte par millions, le ministère de tutelle s’est très vite mis en selle pour garantir l’accueil des touristes algériens dont les professionnels n’ont cessé de réclamer le retour en appelant à l’ouverture des frontières terrestres, sachant que le plus gros des déplacements s’effectue par route. La reprise avec l’ouverture des passages terrestres devrait permettre à la Tunisie d’accueillir le tiers du nombre de touristes algériens enregistrés avant 2020 (3 millions), selon les prévisions de l’Union nationale des agences de tourisme de l’Algérie. Cette dernière a révélé que «pas moins d’un million de touristes algériens visiteront la Tunisie, cet été, après la décision d’ouvrir les frontières à partir de la mi-juillet». Les offres ont été sélectionnées et présentées par les agences de tourisme dès l’annonce de l’ouverture des frontières. C’est dire que les agences «attendaient depuis des mois cette décision en vue de préparer le lancement de leurs offres compétitives dans différentes villes tunisiennes qui manquaient aux Algériens», selon un représentant de l’Union.

Un souffle salvateur

Pour sa part, le représentant de l’Office tunisien du tourisme en Algérie, Fouad El Oued, précise que cette décision conjointe d’ouvrir les frontières terrestres aux voyageurs favorise «une grande mobilité commerciale aux zones frontalières ainsi qu’aux zones touristiques en Tunisie», un pays qui reste, a-t-il ajouté, «la première destination des Algériens».

Dans ce sens, il n’a pas manqué de relever que «94% des Algériens qui visitent la Tunisie préfèrent entrer par voie terrestre». Mohamed Amine Berredjem, président de l’Association nationale des agences de voyages, a affirmé que cette décision «donnera un souffle salvateur au agences de tourisme mais aussi aux Algériens qui ont vraiment besoin de vacances dignes de ce nom après deux années difficiles».

Du côté algérien, les sentiments sont plus mitigés. Ils craignent une arrivée massive de Tunisiens qui viennent faire des emplettes, revendues hors prix en Tunisie. Les denrées alimentaires, les produits informatiques et l’électroménager vont se raréfier et leurs prix augmenter. Les stations-services vont renouer avec les interminables files et les pénuries de carburant.

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