• « Ceux qui ont spolié les richesses du peuple doivent être jugés selon les lois et les règlements ».
• « La Tunisie se portera mieux à l’avenir tant sur le plan économique que social ».
• « Il est temps de poursuivre notre révolution et d’instaurer une nouvelle République et de nouvelles législations ».


Quelques heures après la fermeture des bureaux de vote, le Président de République saluait déjà la foule à l’emblématique avenue Habib-Bourguiba au centre de la capitale, Tunis, se permettant ainsi un bain de foule nocturne pour savourer  la victoire dans le dernier — ou presque — round qui l’oppose depuis son investiture à une classe politique moribonde engluée dans la démocratie après une décennie d’exercice chaotique du pouvoir. Poing levé, le locataire de Carthage a salué à maintes reprises une foule bigarrée. Le Président a sillonné l’artère principale de la capitale bondée de centaines de personnes scandant « le peuple est à tes côtés ».

La Tunisie se portera mieux à l’avenir

Avant la publication officielle des résultats du vote référendaire, les bureaux de sondage avaient annoncé que 92,3%  des participants ont voté en faveur de la nouvelle Constitution. Pour sa part, le président de l’Instance supérieure indépendante des élections (Isie), Farouk Bouasker, a déclaré que le taux de participation au référendum avait atteint 27,54% de l’ensemble des électeurs inscrits. Les dés sont jetés et Kaïs Saïed n’avait pas attendu le lever du jour pour savourer sa victoire.

Répondant aux questions des journalistes accourus sur place, il a martelé que le peuple doit retrouver sa souveraineté et a pointé du doigt une démocratie de façade qui a duré des décennies.  « Ceux qui ont spolié les richesses du peuple doivent être jugés selon les lois et les règlements. Grâce à notre volonté infléchissable, la Tunisie se portera mieux à l’avenir tant sur le plan économique que social », a encore souligné le Président de la République.

« Il va sans dire que ceci nécessitera un certain temps, mais nous ferons tout pour développer l’économie dans les régions et répondre aux aspirations des jeunes et juguler cette corruption largement répandue dans le pays par le biais d’une justice équitable », a encore déclaré Kaïs Saïed tout en qualifiant cette journée d’historique, annonçant l’avènement d’une nouvelle République, avant de continuer sa marche à la rencontre de ces centaines de personnes venues l’acclamer.

Brandissant le drapeau tunisien et des fanions et ballons verts marquant le OUI pour la nouvelle Constitution, des centaines de jeunes et moins jeunes ont bravé la chaleur de plomb qui faisait suffoquer la capitale et scandé des slogans hostiles à des leaders politiques comme pour rappeler leur fiasco dans la gestion des affaires du pays après la révolution et l’incurie de toute la classe politique en général toute une décennie durant. Annonçant la couleur pour une nouvelle ère, Kaïs Saïed a déclaré à cette occasion que nous allons bâtir l’avenir ensemble grâce aux compétences tunisiennes et à la mise en place de grandes réformes, notamment dans le domaine de l’éducation et de l’économie. Sur un ton ferme, il poursuit: « Finie la souffrance du peuple et il est temps de  poursuivre notre révolution et instaurer une nouvelle République et de nouvelles législations ».

Kaïs Saïed a évoqué l’amendement de la loi portant organisation des partis politiques après l’adoption de la nouvelle Constitution. Il a expliqué au passage que l’ancienne loi adoptée après la révolution a contribué à la détérioration de la situation, sans compter le phénomène du «tourisme politique» qui a conduit à la formation d’un lobbying.

« Si le vote référendaire n’a pas mobilisé les foules (27,54%), c’est que son timing a coïncidé avec les vacances des Tunisiens en pleine saison estivale », a expliqué le Président de la République en réponse à la question d’un journaliste sur place. « J’ai tenu à respecter la date du référendum annoncée au préalable et j’ai tenu parole. Le plus important, c’est ce taux élevé de vote par OUI sur le nouveau texte de la Constitution. Cela sans compter que cette abstention est un phénomène observé à l’étranger lors des votes référendaires », a-t-il conclu.

Loin des résultats, somme toute attendus, du référendum, Kaïs Saïed remporte une nouvelle victoire sur les lobbies qui ont gouverné le pays depuis une décennie. Cloîtrés dans leur tour d’ivoire, les partis politiques crient d’une voix de plus en plus aphone  au hold-up du Président de la République sur la démocratie.

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