«Yakouta» de Leila Toubel, monodrame théâtral, a été programmé dans la soirée du 2 août 2022 au théâtre de plein-air de Hammamet. Un spectacle qui s’inscrit parmi les rendez-vous scéniques attendus de la saison. Les spectateurs, qui en ont été privés  durant l’année, ont pu le voir de bout en bout dans le cadre du festival international de Hammamet. 

L’accueil- hommage à des sommités féminines disparues récemment ne laisse pas indifférent : hommage à Zeyneb Farhat, Lina ben Mhenni ou feu Sherine Abou Akla au pied des escaliers, avant de prendre place, assistant à l’apparition de Leila Toubel sur scène.

«Yakouta» est la voix de la femme tunisienne dans sa pluralité, sa richesse, sa diversité, sa lutte. Cette voix qui raconte la Femme. La Femme sujette aux égarements et aux aléas de la vie, aux difficultés, à la crainte, à la peur de l’inconnu. «Yakouta» est cet être issu de l’inconnu, d’un viol, enfanté lors d’un soir. Cet être qui se bat pour son droit à une vie digne et revendique amour et valeurs humaines.

Elle crie haut et fort, sa passion, l’espoir, une aspiration à une vie meilleure et dénonce colère, douleur, peine et injustice avec fougue, humour, sarcasme et dérision.

Toubel nous tend la main pour partir à la rencontre de «Yakouta», non pas la femme meurtrie, mais celle qui deviendra un symbole de courage, de force, d’audace. Bravant cette société moralisatrice, dure, injuste. Sur scène, guidée par la musique au piano de Mehdi Trabelsi, elle parvient à conquérir tout l’espace. Au mouvement léger, et à la danse prenante, elle magnétise son public.

Un public auquel elle fera ses adieux à la fin du spectacle en affirmant que cette représentation est l’avant-dernière de toute sa vie après plus de 35 ans de carrière. Désormais, elle se consacrera davantage à l’écriture.

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