Les initiatives ciblant la promotion du tourisme alternatif ont déjà fait leur apparition et la tendance commence à faire son chemin. La consolider à travers davantage de projets réalisés, dans le cadre du partenariat public-privé, serait le défi à relever pour faire du tourisme alternatif un pilier de développement, notamment dans les régions non côtières. 

Le tourisme tunisien reprend des couleurs. Après une année noire marquée par le déclenchement de la crise sanitaire en 2020 et, par la suite, la légère progression réalisée en 2021, la reprise touristique se raffermit. Jusqu’au 20 juillet dernier, plus de 2 millions 626 mille touristes ont visité la Tunisie, soit une augmentation de 113% par rapport à la même période de l’année précédente. A la même date, les recettes touristiques cumulées ont atteint  1781.8 millions de dinars contre 1072.8 au cours de la même période de 2022 affichant  une croissance de près de 66%. L’objectif du ministère étant d’accueillir plus de 4 millions de touristes d’ici la fin d’année. Le point de mire est, alors,  d’atteindre la moitié des chiffres réalisés en 2019 (année de référence), en attendant que le secteur retrouve son rythme de croisière. Et ce n’est point surprenant que l’ouverture des frontières terrestres avec l’Algérie (dont la fermeture pour des raisons de lutte contre la propagation de la pandémie de Covid-19, n’a que trop duré) est en mesure de donner  un coup d’accélérateur à la reprise du tourisme tunisien puisque le marché algérien représente un tiers des entrées touristiques et 8% à 10% des réservations dans les hôtels.

La tendance  est au tourisme alternatif

Mais loin de la conjoncture actuelle et de l’impératif d’une reprise indispensable pour le redémarrage d’un des principaux moteurs de la croissance,  force est de constater que le tourisme tunisien demeure l’otage de l’offre balnéaire traditionnelle qui ne tape plus dans l’œil des nouvelles générations de touristes. Désormais, la tendance dans le monde est au tourisme alternatif et durable. Après la crise Covid, les destinations les plus prisées au monde  n’ont pas hésité à déployer de nouvelles stratégies pour promouvoir le tourisme alternatif et se mettre au diapason d’un marché de plus en plus exigeant. Or, sur ce segment particulier, la Tunisie dispose de tous les atouts pour attirer une clientèle touristique férue de culture et tournée vers la nature et l’authenticité. Grâce à sa richesse écologique, mais également à la richesse de son patrimoine culturel, archéologique et culinaire, le pays recèle un potentiel inépuisable en matière de tourisme alternatif.

Des initiatives qui jettent les bases d’une offre touristique diversifiée

La diversification de l’offre touristique est dans le viseur du ministère du Tourisme. D’ailleurs, elle figure parmi les axes prioritaires de la stratégie de développement du secteur touristique à l’horizon 2035 qui sera dévoilée au mois de septembre prochain. Et les bailleurs de fonds, prêts à épauler cette transformation du tourisme tunisien, ont d’ores et déjà commencé à financer des initiatives qui jettent les bases d’une offre touristique diversifiée.La route cinématographique (qui invite les touristes cinéphiles à visiter les sites de tournage des films), le circuit culturel de la route du patrimoine mondial Unesco  (qui met en valeur le patrimoine Unesco de la Tunisie à travers un itinéraire parcourant  huit biens matériels, notamment des sites archéologiques), la route culinaire, etc. sont toutes des initiatives qui valorisent le patrimoine culturel et qui visent à attirer une nouvelle clientèle en quête  d’expériences immersives et  de contact avec l’habitant. Le programme “Visit Tunisia”, qui est financé par le gouvernement américain à hauteur de 50 millions de dollars, s’inscrit dans la même veine. Il  vise à créer 15 mille nouveaux postes d’emploi dans le secteur du tourisme alternatif d’ici à 2026.

Il est alors clair que les initiatives ciblant la promotion du tourisme alternatif ont déjà fait leur apparition et la tendance commence à faire son chemin. La consolider à travers davantage de projets réalisés, dans le cadre du partenariat public-privé, serait le défi à relever pour faire du tourisme alternatif un pilier de développement, notamment dans les régions non côtières.

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