Sur instructions de la ministre des Affaires culturelles, Lassad Saïd, chef de cabinet de la ministre, s’est rendu au chevet de l’écrivain tunisien Hassouna Mosbahi dans une clinique à Nabeul, pour s’enquérir de son état de santé et lui exprimer tout le soutien du ministère dans cette épreuve contre la maladie. On croit savoir aussi que la ministre a ordonné une prise en charge des frais de soins et autres actes médicaux que nécessite son hospitalisation. Ce geste envers l’un des derniers monstres sacrés de la littérature tunisienne est à saluer tant il reflète l’intérêt que porte l’Etat aux créateurs, artistes et hommes de lettres dans notre pays.

Pour appréhender la valeur de cet écrivain tunisien, il suffit de rappeler ce que le poète égyptien Youssef Driss a dit à propos de son œuvre. « Il suffit de lire un seul roman de Hassouna Mosbahi pour qu’on puisse connaître comment vit l’homme tunisien, comment il pense, quelles sont ses histoires et ses légendes, comme si tu avais vécu 20 ans en Tunisie », a-t-il indiqué.

En effet, Hassouna Mosbahi est un homme de lettres à multiples casquettes : romancier, nouvelliste, traducteur et journaliste. Il compte à son actif plusieurs romans et recueils de nouvelles dont : « Bint Ami Hniya », « Adieu Rosalie », « Les Autres » et « A la recherche du bonheur ». Une œuvre considérée par la critique comme l’aboutissement de sa quête de liberté durant un parcours marqué par une grogne contre l’ordre social établi qui  conditionne l’existence de l’être.

Natif d’El Ala (Kairouan) en 1950, il a grandi dans un milieu conservateur ayant le Coran comme unique référence littéraire. Seul et mal compris, il s’est plongé dans la lecture depuis sa tendre enfance, ce qui a élevé sa conscience  et lui a vite fait comprendre que la mission de l’homme était de partir à la quête de soi et de rechercher le sens de l’existence. C’est ainsi que son diplôme de littérature française en main, il quitte son pays natal pour s’installer en Allemagne. Il voulait s’envoler vers d’autres cieux pour accomplir son parcours d’écrivain.

Fort de sa  profonde âme de nomade et de sa magnifique plume, il a pris la culture comme arme contre l’oubli. Dirigeant ainsi ses lecteurs vers ses échappées mémorielles et littéraires. Hassouna Mosbahi, qui a choisi le voyage à la sédentarité, cherchait à assouvir sa soif de découverte de nouvelles cultures et de nouveaux horizons.

A travers ses œuvres, ce ne sont point seulement des pages qu’il a ressuscitées mais, bien au-delà de sa prose, toute la société tunisienne — avec son environnement international — que, jour après jour, ses écrits ont captée, pleine de vie ou assoupie, active ou oisive, disciplinée ou anarchique, intègre ou corrompue, débonnaire ou méchante, respectueuse ou irrévérencieuse, humble ou prétentieuse, courageuse ou lâche, frugale ou vorace, désintéressée ou cupide… Bref, le portrait d’une société vivante qui jaillit d’un verbe travaillé jusqu’à la moelle…

C’est ce qui fait de lui l’un des auteurs tunisiens les plus créatifs. La compassion de la ministre des Affaires culturelles envers l’un des auteurs les plus prolifiques de la Tunisie contemporaine est un beau geste qui exprime toute la sollicitude que porte notre pays à ses créateurs, artistes et hommes de lettres.

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