• L’Ugtt exhorte le Chef de l’Etat à instaurer un dialogue sérieux et constructif
• Des voix s’élèvent au sein du paysage politique et civil appelant à l’élaboration du nouveau code électoral sur la base d’une approche consensuelle

Maintenant que les dés sont jetés, que les électeurs ont avalisé massivement à raison de 94,6% le projet de la nouvelle Constitution lors du référendum du 25 juillet 2022 et que l’Instance supérieure indépendante des élections (Isie) s’apprête à déclarer définitifs les résultats du référendum après que le tribunal administratif eu jugé les trois recours intentés par Afek Tounès, Achâab Yourid et I Watch irrecevables pour diverses raisons, se sont élevées, au sein du paysage politique et civil national, parmi les opposants au Président Kaïs Saïed et aussi du côté de ceux qui soutiennent la dynamique du 25 juillet 2021 et du 25 juillet 2022, des voix qui appellent à un dialogue national inclusif sur l’élaboration de la future loi électorale sur la base de laquelle se dérouleront  les élections législatives anticipées programmées le 17 décembre prochain.

Un dialogue dont les concepteurs ou ceux qui appellent à sa tenue présentent comme une tentative de remédiation à l’échec cuisant du dialogue national sur la nouvelle Constitution piloté par le doyen Sadok Belaïd et dont la copie finale sur la Constitution soumise à l’approbation du Président de la République a été superbement ignorée par ce dernier.

Aujourd’hui, ceux qui ont participé à ce dialogue et aussi ceux qui ont refusé d’y prendre part, tout en soutenant le processus du 25 juillet, ainsi que ceux qui ont lancé des coalitions et des fronts d’opposition au Président de la République sont d’avis que l’heure a sonné pour qu’on dépasse les tiraillements et les désaccords de conjoncture et qu’on s’entende sur une nouvelle loi électorale qui ouvrira la voie à l’édification de la nouvelle République sur des bases solides et surtout pérennes.

L’Ugtt tend toujours la main

Et c’est Noureddine Taboubi, secrétaire général de l’Ugtt, qui se présente comme étant le fer de lance de la campagne nationale de réconciliation ou de ce qu’on pourrait appeler «l’effort national de rectification des erreurs commises», lesquelles erreurs, faut-il avoir le courage et l’honnêteté de la proclamer, sont l’œuvre ou la production de l’ensemble de la classe politique actuelle (opposition et pouvoir confondus) et également des différentes composantes de la société civile qui assument leur part de responsabilité, à des degrés divers, dans la détérioration de la situation politique et sociale actuelle et dans sa poursuite, en dépit de toutes les tentatives déployées afin de la contenir ou au moins pour en  atténuer les dégâts et les dérapages.

Noureddine Taboubi n’y va pas par quatre chemins pour s’adresser directement au Président Kaïs Saïed et l’exhorter, dans une interview accordée à la chaîne TV «Al Sharq», à «corriger rapidement la situation».

Le message de l’Ugtt est clair : «Le Chef de l’Etat a l’obligation politique et morale de se pencher sur la correction de la situation qui est trop critique et ce durant les quelques semaines à venir».

Taboubi ajoute: «C’est une urgence et la Tunisie en a besoin en ce moment où le calme précède la tempête».

Faut-il ou est-il besoin de relever que les quelques semaines à venir dont parle le S.G. de  la centrale ouvrière veulent dire tout simplement les quinze jours qui nous séparent encore de la parution attendue du décret présidentiel révélant la future loi électorale et les dispositions que l’Isie (au cas où le Chef de l’Etat préserverait sa confiance au juge Farouk Bouasker et à ses collaborateurs actuels) devrait prendre, dans les délais qui se rétrécissent de jour en jour, en vue de dresser le calendrier électoral en prévision des législatives anticipées du 17 décembre 2022.

Et comme l’Ugtt ne perd pas espoir de voir le Président de la République répondre par l’affirmative à ses initiatives et à ses appels, Noureddine Taboubi persévère dans la voie que les syndicalistes ont décidé d’emprunter en invitant le Chef de l’Etat à les considérer comme des partenaires à part entière dans l’œuvre nationale d’édification de la nouvelle République.

«Construisons ensemble la nouvelle République, en compagnie des forces nationalistes, dans le but de sortir la Tunisie de la crise où elle s’est empêtrée durant la décennie écoulée», clame Noureddine Taboubi.

Mais comment concrétiser l’appel ou l’initiative adoptée par l’Ugtt et quels mécanismes mettre en œuvre pour qu’elle ait un écho favorable auprès du Chef de l’Etat ?

Pour l’Ugtt, les choses sont évidentes: «Il est impératif pour le Président d’opérer un vrai dialogue national sérieux et constructif».

Ce dialogue inclura «les forces nationalistes et écartera ceux qui ont nui au pays en portant les armes contre les Tunisiens ainsi que ceux dont la justice a établi la compromission dans les affaires de corruption et de malversation».

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