L’organe juridictionnel de deuxième instance semble se dérober et vouloir gagner du temps avant de prendre une décision qui sera lourde de conséquences.

Le temps,  c’est de l’argent. Il est déplorable que même au niveau de la Commission nationale d’appel, on n’en est pas assez conscient. Le Bureau fédéral a pris l’engagement de rester les bras croisés et de ne décider du sort des équipes qui contestent leur rélégation, de la composition des divisions,  de la formule du championnat,  du calendrier qu’ après le verdict de cette commission. Celle-ci paraît ne pas apprécier cette distinction et l’estime comme un cadeau empoisonné. Et même comme un traquenard qu’elle fait tout pour contourner, voire pour s’en débarrasser. Ce sont les clubs qui vont payer, en fin de compte,  la lourde facture de ce renvoi de l’ascenseur. Wadii Jary, qui avait tant attendu une perche juridique pour élaborer un plan rapide de sortie de crise et sauver la face, est ainsi mis dos au mur, tellement ce report d’un mois va compliquer davantage sa tâche et va faire monter de plus en plus la grogne dans le camp des clubs pros et amateurs.

Gros dilemme

Restera-t-il les mains liées jusqu’à la date du 6 septembre? La réponse est non. Pourquoi ? Eh bien, parce qu’il va être confronté à un gros dilemme. La note circulaire que la FTF vient d’adresser aux clubs précise que la date limite du dépôt du dossier d’engagement des clubs pour la saison 2022/ 2023 est le 31 août, soit 6 jours avant le verdict du 6 septembre. Tout club qui ne respecte pas cette date sera exclu de la compétition. Est-ce normal, logique et sensé ? Bien sûr que non ! Pour une raison toute simple : les frais et les conditions d’engagement diffèrent entre les clubs de la Ligue 1 et ceux de la Ligue 2. Sur quelles bases des clubs, comme l’OB, l’ESHS,  l’ESZ et l’ESM, dont le sort est tributaire de la décision du 6 septembre vont-ils déposer leurs dossiers d’engagement  le 31 août ? Comme des clubs appartenant à la Ligue 1 ou comme des clubs de Ligue 2 ? Une nouvelle impasse que la FTF aurait dû éviter pour ne pas donner cette fâcheuse impression qu’elle manque de visibilité,  de lisibilité et de cohérence dans les décisions qu’elle prend à la sauvette et à l’aveuglette pour découvrir après qu’elles sont en contradiction avec la réalité et le contexte du moment. Outre la date butoir du dépôt du dossier d’engagement qui pose problème et qui n’est pas sensée, va se poser le problème des contrats des joueurs recrutés et des clauses qu’ils vont contenir. La grille des salaires et des différentes  rémunérations plafonnés n’est pas la même pour les joueurs de Ligue 1 et les joueurs de Ligue 2. Contrairement aux joueurs de Ligue 1, dont les salaires et prime de rendement sont volumineuses, le salaire d’un joueur de la Ligue 2 ne doit pas dépasser 3 fois le Smig horaire (1.300 dinars  environ ) et sa prime de rendement ne doit pas franchir le seuil de neuf mille dinars par saison. Les frais de qualification des joueurs des deux Ligues n’obéissent pas aux mêmes règles et barèmes  (frais d’inscription, contribution au fonds de solidarité qui est de 5% du montant total des salaires pour les joueurs de la Première Ligue contre 2% pour ceux de la Ligue 2, etc). Le mercato d’été à ouvert le 9 juillet et sa clôture est fixée au 30 septembre. Jusqu’au 6 septembre, les clubs, dont le sort est inconnu, resteront figés et ne pourront pas signer de contrat pour les nouvelles recrues ni renouveler les licences de leurs joueurs encore sous contrat.  Ils seront lésés par rapport à ceux qui ne sont pas concernés par la date du 6 septembre et qui ont déjà commencé à étoffer et à enrichir leur effectif en réalisant les meilleures opérations de recrutement sur le marché des transferts . En outre , ces équipes n’ont pas encore repris les entraînements ni établi un programme de préparation et de stages, vu le flou qui plane encore sur leur avenir.  Peut- on parler d’égalité des chances devant une telle incertitude sur la nature du championnat,  le nombre des clubs,  le calendrier ? Pas du tout.

Wadii Jary ne peut rester inactif ni impuissant devant de telles aberrations et, en tant que premier responsable de notre football, il est devant l’obligation de monter au créneau, d’apparaître sur le devant de la scène,  d’assumer ses responsabilités et de prendre lui-même le taureau par les cornes.

La Commission nationale d’appel ne lui a pas fourni la perche de salut tant souhaitée et ne lui fera pas visiblement de cadeau. Il doit réagir et riposter au plus vite. ‘‘Time is money ‘‘ et chaque jour de retard ne le fera que le rapprocher de plus en plus de la gueule du loup.

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