Le tourisme de plaisance est une activité économique bien plus importante que ce que les gens croient, étant donné qu’une personne qui a un navire de plaisance ou un yacht dépense l’équivalent de ce que consomme une dizaine de touristes. Mais, malheureusement, notre mer est le plus souvent vide de bateaux qui ont fait les beaux jours de ce secteur.

Nul doute que le tourisme de plaisance est un produit à part entière drainant une clientèle de luxe et des recettes en devises considérables, étant donné qu’un plaisancier étranger dépense 20 fois plus qu’un touriste balnéaire. Mais, malheureusement, ce secteur constitue, aujourd’hui, le parent pauvre du tourisme tunisien et il est plus que jamais temps de le développer à travers une stratégie qui devrait s’articuler autour de l’amélioration de la capacité d’accueil des ports de plaisance, de la qualité des services offerts aux plaisanciers, des actions de promotion qui mettront en valeur les atouts du site Tunisie, d’une réglementation appropriée… C’est avec ce constat bien présent à l’esprit que l’association Tunisian Smart Cities (TSC), sur la base d’éléments recueillis par le ministère du Tourisme, a proposé la mise en place d’une stratégie nationale visant à développer le secteur de la plaisance dans notre pays.

S’organiser et agir

Dans une déclaration accordée au journal La Presse, dans le cadre de la tenue de la 30e édition de la régate méditerranéenne «La Route du Jasmin», tenue du 1er au 15 août 2022 entre la Tunisie, la France et l’Italie, le président de TSC, Borhene Dhaoudi, a indiqué qu’après une série de crises successives qui ont mis à mal ce secteur, maintenant on doit s’organiser et agir pour valoriser nos 1.300 km de côtes, diversifier le produit touristique axé jusqu’ici sur le balnéaire, renforcer la part de la Tunisie dans ce marché et attirer une clientèle haut de gamme.

«C’est une réalité qu’on ne peut pas nier. Aujourd’hui, la plaisance constitue un élément attractif permettant des retombées touristiques élargies. Il est, donc, plus que jamais temps de rendre à César ce qui est à César et de développer d’urgence la grande plaisance, un secteur qui, malheureusement, prend lentement de l’ampleur en Tunisie… Certes, le chemin n’est pas toujours balisé, mais l’essentiel est de continuer à bouger, à se battre et à croire à notre capacité de devenir maîtres chez nous et tenons-nous debout afin de relever ces défis pour un lendemain meilleur. Ceci est encore vrai avec une infrastructure maritime propice au développement de ce secteur, étant donné que les ports tunisiens restent attrayants tant pour les plaisanciers que pour les croisiéristes pour plusieurs raisons; d’abord, il y a la saturation des ports méditerranéens et ensuite  des prix préférentiels appliqués dans notre pays qui sont vraiment plus avantageux», a-t-il souligné.

La Tunisie veut sa part du marché

M. Dhaouadi a ajouté qu’après cette crise sanitaire liée au Covid-19 et ses suites économique et sociale, il faut, aujourd’hui, redessiner ce secteur où divers aspects sont presque tous prioritaires à l’instar de la réglementation, la réduction de la taxation des bateaux de plaisance et de la fiscalité, la révision du code maritime promulgué en 2011, la mise en place d’un régime incitatif, la mobilisation d’un financement approprié, l’allégement des formalités, qu’il s’agisse de l’enquête d’acquisition d’un bateau de plaisance, des procédures d’arrivée-départ… Il y a aussi l’important volet de la formation dans les divers métiers du nautisme.

«C’est un chantier qui en cache un autre. Mais nous ne sommes pas restés les bras croisés. Au sein de l’association TSC, on a préparé les grandes lignes d’une stratégie nationale pour le développement de ce secteur, étant donné que selon les chiffres annoncés, sur un total de près de 300 mille bateaux de plaisance qui sillonnent les mers et océans, chaque année, à travers le monde, la Tunisie n’en accueille que 1%, voire moins, l’équivalent de 2.500 à 3.000 bateaux par an. Notre objectif est de renforcer la part de la Tunisie dans ce marché pour atteindre 5% d’ici 10 ans. Par ailleurs, après l’extension des ports de plaisance de Bizerte, la capacité d’accueil globale est passée de 2.100 à près de 2.800 anneaux dont 800 à Bizerte, 750 à Yasmine Hammamet, 300 à El Kantaoui, 380 à Sidi Bou Saïd, 400 à Monastir et 100 à Tabarka…

C’est pour toutes ces raisons qu’on doit agir sans délais, car dans l’état actuel des choses, la plaisance se meurt devant un cumul d’années de négligence et d’indifférence alors qu’avec plus de 1,300 km de littoral, notre pays pourrait devenir une destination de plaisance par excellence», a-t-il encore expliqué.

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